Une enquête scientifique du laboratoire de recherche en management des organisations (LAREMO) de l’Université de Tizi-Ouzou dresse un constat amer : il règne dans nos hôpitaux un climat malsain et délétère. Nos médecins et infirmiers sont démotivés et l’organisation de leur travail ne favorise nullement leur épanouissement. Notre personnel soignant ne donne pas de son mieux pour soigner les patients algériens. 

Menée par deux chercheurs du LAREMO, cette enquête dévoile que 83,8 % des salariés d’un important hôpital comme celui du CHU de Tizi-Ouzou n’adhèrent pas à l’organisation qui façonne au quotidien leur travail. Ces médecins, infirmiers ou agents d’exécution se sentent, en vérité, forcés d’exécuter leur travail. Par ailleurs, 61 % des fonctionnaires composant notre personnel soignant considèrent que les méthodes de travail au sein de l’hôpital ne sont ni révisées ni adaptées.

Pis encore, les médecins ou infirmiers et d’autres travailleurs d’un CHU ne se sentent pas écoutés et consultés. 68 % d’entre eux affirment que leurs opinions ne sont pas considérées par les supérieurs hiérarchiques. 60,4% des personnes composant le personnel infirmier se plaignent de ambiguïté de leurs responsabilités

La principale source de stress au sein de l’hôpital étudié provient de la surcharge du travail, à concurrence de 65%. Les autres facteurs (mauvaise gestion du temps, mauvaise gestion des  hommes, insultes, les difficultés de communication et les conflits relationnels) sont à l’origine du stress à taux moyen de 37 %.

Les conditions de travail sont insatisfaisantes et découragent la majorité de nos médecins infirmiers et même le personnel de l’administration de l’hôpital.  Les salariés se plaignent des mauvaises conditions physiques de travail liées à un manque de propreté, à l’hygiène des sanitaires, à l’intensité sonore et au manque de sécurité. La part des non-satisfaits représente respectivement pour chacun des facteurs 34,5 %, 43,1%, 36,6% et 52,4%. Cela signifie que la qualité des structures de soins est mauvaise.

Ces données récoltées sur le terrain confirment plus que jamais que nos hôpitaux sont malades et nécessitent une réforme urgente. Sans des médecins et un personnel motivé et engagé, les patients ne seront jamais pris en charge correctement et dignement. Ce malaise porte un énorme préjudice à tout notre système de santé.