Confronté à une très dure crise financière, l’Etat algérien va recourir à la Planche à billets, l’impression de nouveaux billets de banque. Une option économiquement dangereuse comme nous l’avons démontré dans plusieurs de nos publications. Mais l’Etat algérien pourrait bel et bien se passer de cette planche à billets s’il réussit à récupérer toutes les recettes fiscales constituées essentiellement d’impôts impayés. 

Ces impôts impayés et non recouverts sont évalués à 12.000 milliards de dinars, soit l’équivalent de près de 12 milliards de dollars ! Il s’agit d’une somme colossale qui peut aider l’Etat algérien à résister plus facilement contre les effets de la crise financière provoquée depuis la chute des prix du baril de pétrole en 2015. Ce chiffre astronomique a été confirmé ce lundi par Mustapha Zikara, directeur général des impôts.

D’après ce haut responsable, il y a encore 8.000 milliards de dinars, soit l’équivalent de près de 8 milliards de dollars, d’amendes non encore recouvrées ou “irrécouvrables”. Il s’agit, en vérité, du cumul des amendes judiciaires ainsi que des dettes des entreprises publiques dissoutes qui ont été effacées par une disposition de la loi de finances 2017.

Sur l’ensemble de ces amendes, 5.295,58 mds DA concernent la Banque commerciale et industrielle d’Algérie (BCIA), selon un récent rapport de la Cour des Comptes. Cet argent est, malheureusement, irrécupérable parce que cette banque a… disparu. Au début de cette année, la direction générale des impôts a voulu motiver ses cadres en adressant une instruction aux directions des impôts de wilayas pour les informer que leur rendement sera évalué sur la base de la récupération des dettes impayées et non pas sur les montants recouvrés au titre de l’exercice en cours.

C’est dire enfin que l’Etat algérien dispose encore de plusieurs solutions pour récupérer de l’argent et renflouer ses caisses. Pourquoi donc privilégier uniquement la planche à billets ?