Algeriepart a appris que la semaine dernière à Paris, le Directeur Général de l’Aviation Civile et de la Météorologie auprès du Ministère des Transports (DACM) était à bord d’un avion battant pavillon national en direction d’Alger.

Mr AZZI Youcef s’était, selon nos sources, installé sur un siège en première classe alors que son billet lui donnait droit à une place réservée en classe économique. Une personne habilitée de l’équipage a alors demandé à ce responsable, comme pour tout un chacun, de se conformer à l’organisation de vol en l’invitant à rejoindre la classe correspondant à son billet d’avion.

Ce responsable, n’ayant aucune intention de changer de place, a décliné son identité en demandant à l’hôtesse d’aller prévenir le Commandant de vol.

Le commandant Karim CHIFERAD, qui était en pleine préparation de la délicate phase de décollage, a tout simplement, sans refuser la faveur demandée, que cette personne rejoigne son siège en classe économique et a promis de voir cela une fois l’avion sur cap.

La réponse n’était apparemment pas du goût de Mr AZZI, aussi informe-t-il l’équipage qu’il est à bord en mission de contrôle !

Pourtant, une mission de contrôle est annoncée même si c’est à quelques heures du départ selon une source que nous avons pu contacter à ce sujet. Le contrôleur doit se munir d’un ordre de mission et de son badge nous assure-t-il.

Enfin, l’avion étant en France, Mr AZZI ne pouvait avoir aucune autorité pour mener un contrôle en pays étranger selon la réglementation aérienne résumée dans la convention de Chicago qui annonce le principe de la souveraineté de chaque état dans son espace aérien et que la seule loi applicable aux vols internationaux est la loi nationale du pays survolé.

‘’Il aurait pu le faire en Algérie, et uniquement au sol, puisque le commandant est seul maitre à bord à partir du roulage’’, nous informe une autre source professionnelle.

D’autre part, un Directeur Général n’a pas dans ses prérogatives d’assurer lui-même des missions de contrôle d’équipage, nous assure la même source. Alors Mr AZZI aurait-il menti pour s’octroyer une place à laquelle son billet d’avion n’ouvrait pas droit ?

A-t-il pensé que sa position au sein de la Direction de l’Aviation Civile lui donnait droit à des privilèges sur une compagnie aérienne publique ? N’ayant, visiblement pas digéré ‘’l’offense’’ qu’on avait osé envers sa personne, Mr AZZI a décidé de saisir Air Algérie pour demander la suspension de l’ensemble de l’équipage et du commandant bord présents sur le vol ce jour-là…

Bien évidemment, les responsables de la compagnie Air Algérie n’ont pas voulu sanctionner du personnel navigant et des pilotes, qui n’avaient rien fait d’autre qu’assurer leur travail.

C’était malheureusement sans compter avec l’acharnement du Directeur de l’Aviation Civile.

Ce dernier saisit l’Entreprise Nationale de Navigation Aérienne (ENNA) pour demander le refus de tous les plans de vols déposés par le commandant CHIFERAD Karim, qui est également adjoint du secrétaire Général du syndicat, afin de le contraindre à ne plus assurer son travail au sein de la compagnie Air Algérie.

Ainsi, les faits qui nous ont été ainsi rapportés, nous montrent une fois encore que nos responsables, confondent souvent propriété publique avec propriété privée, et n’hésitent pas à écarter tous ceux qui s’opposent à l’idée bien personnelle qu’ils se font du bien public.

Il n’est pas sûr que Mr le Ministre du Transport soit au fait de ce regrettable incident, car nous sommes persuadés qu’il aurait pris des mesures adéquates.