Le marché du travail algérien est déstructuré et déréglé. Et cette situation occasionné des dégâts sur la stabilités sociale des Algériens. C’est du moins ce que démontre une très sérieuse étude menée par  la Direction générale du Trésor français. 

Cette dernière a dévoilé qu’en Algérie, le marché du travail est segmenté en un marché primaire structuré, formel (emplois permanents, couverts par la sécurité sociale, soit 62 % des actifs occupés) et un marché secondaire non structuré, informel (emplois non permanents, sans contrats, non affiliés à la sécurité sociale et à faible valeur ajoutée) qui emploie 38 % des actifs occupés.

C’est dire que les emplois précaires et sans aucune protection sociale prennent jusqu’à près de 40 % de tous les emplois disponibles et occupés en Algérie. Il s’agit d’une situation alarmante qui provoque des dégâts sur l’ordre social. Des dégâts qui aggravent la pauvreté et la précarité sociale.

Analysant le marché du travail au Maghreb, cette étude française a conclu que le marché de travail algérien se caractérise par “une segmentation entre un secteur formel d’une part et un secteur informel non réglementé”.  L’étude rappelle à cet effet l’impact, en Algérie, de la restructuration du secteur public marchand intervenue dans le cadre du plan d’ajustement structurel mis en place avec la Banque Mondiale et le FMI en 1994.

“L’excédent d’offre durable sur le marché du travail qui a suivi, ne s’est résorbé qu’au milieu de la décennie 2000, à la faveur de créations massives d’emplois non affiliés au régime de sécurité sociale”, a-t-elle indiqué, soulignant que ces évolutions ont jeté les bases de la structure du marché du travail algérien.

Par ailleurs, elle estime que comparativement avec les autres pays du Maghreb, l’Algérie bénéficie d’un ratio de dépendance “avantageux”, en raison de la population âgée de plus de 65 ans qui ne représente que 6 % de la population totale, trois fois moins qu’en Europe occidentale.

“Cette situation lui est théoriquement favorable pour assurer le financement de sa protection sociale. Néanmoins, du fait de l’importance de l’emploi non affilié, les administrations de sécurité sociale algériennes accusent aujourd’hui un manque à gagner significatif”, explique le Trésor public français, précisant que la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés (CASNOS), qui devrait théoriquement couvrir près d’un tiers des actifs occupés, “ne perçoit qu’à peine 5 % des cotisations potentiellement recouvrables”.

Avec un taux de remplacement des pensions à taux plein pour les retraités qui demeure “élevé” (à 80 % du salaire de référence des 5 meilleures années pour 32 ans de cotisation), le système tend ainsi à devenir “de moins en moins contributif”, a estimé l’étude.

Pour elle, ceci “remet en cause sa soutenabilité, puisqu’une part croissante de la protection est financée par le budget de l’Etat et par tirage sur un Fonds de réserve des retraites créé en 2006 et abondé à hauteur de 3 % de la fiscalité pétrolière, tandis qu’une proportion croissante de la population, qui n’a pas suffisamment cotisé, bénéficie des dispositifs d’assistance tel que le minimum vieillesse”.

Avec APS