L’Algérie traverse une importante crise financière qui exige  une mutation économique. Mais celle-ci tarde à s’opérer en raison de la médiocrité crasseuse qui règne au niveau de plusieurs ministères importants du gouvernement. Et c’est en ce moment le ministère de l’Industrie qui connaît une stagnation inquiétante et troublante. 

Des projets stratégiques bloqués, des investisseurs qui ne sont pas reçus, des dossiers qui ne sont pas étudiés comme il se doit, des cadres écartés, d’autres poussés vers la sortie, bref, le malaise est général au sein du ministère de l’Industrie. Et l’immobilisme paralyse cette institution qui joue un rôle moteur dans le développement économique du pays. A qui la faute ? Selon nos investigations, l’immobilisme du ministre Youcef Yousfi et son manque d’ambition font beaucoup de mal à ce département ministériel.

Le ministre est très peu accessible et réactif. Il ne développe pas une véritable vision futuriste de son secteur et son engagement défaillant ralentit plusieurs dossiers d’investissements. Preuve en est, plusieurs dossiers d’investissements relatifs à l’industrie du montage des véhicules demeurent bloqués et leur sort n’a toujours pas été scellé.

Et en témoignent également les dysfonctionnements récurrents de l’Agence nationale de développement des PME (ANDPME) qui ne s’en sort toujours pas face aux lenteurs constatées dans l’exécution du programme de mise à niveau des PME Algériens. Jusqu’à aujourd’hui, de nombreux bureaux d’études n’ont pas été payés alors qu’ils ont activement travaillé pour accompagner les PME Algériennes dans leur restructuration. Et pourtant, des dizaines de millions d’euros ont été accordés depuis des années à l’ANDPME pour réaliser ses projets.

Mais au ministère de l’Industrie, c’est surtout le secrétaire général qui alimente les controverses les plus violentes.  Kheireddine Medjoubi est, effectivement, accusé de bureaucratiser ce département ministériel censé répondre aux réclamations et préoccupations des entrepreneurs algériens. Le SG du ministère de l’Industrie a failli dans son rôle d’intermédiaire entre les industriels algériens et le ministre. Il n’a guère réussi également à améliorer la coordination entre les diverses structures de ce département.

Très influent auprès du ministre, Kheireddine Medjoubi est soupçonné également d’abuser de son pouvoir pour placer ses proches et ses acolytes dans les postes les plus stratégiques du ministère de l’industrie au détriment de la méritocratie et de la compétence. Cette gouvernance suscite l’ire des autres cadres de ce département. Selon nos informations obtenues auprès de plusieurs sources internes, les consultants et les bureaux d’études ont “envahi” les locaux du ministère de l’Industrie. Les cadres rémunérés par l’Etat sont exclus du cercle de la décision et s’ennuient dans leurs bureaux. Rejetés et rarement écoutés, l’oisiveté est en train d’avoir raison de leur créativité.

Et cette “panne” intervient dans un contexte très dangereux pour l’économie nationale qui a cruellement besoin d’un manager efficace dans les départements du gouvernement. Il est à signaler enfin que le ministère de l’Industrie a connu une véritable saignée depuis l’été dernier. Un nombre important de directeurs centraux ont été dégagés et mis à la retraite. Nous pouvons citer quelques noms à l’image de Ali Oummelal, Agadir Amar, Mebarek, Bouyahia Sihem, Naima Souilah, Mohamed Taher Bouarroudj ou Abdelghani Mebarek.

Des départs massifs et des cadres qui font les frais d’une terrifiante lutte de clans au sein du ministère de l’Industrie. Kheireddine Medjoubi, l’actuel secrétaire général, doit vraiment s”expliquer et rendre des comptes. Les conséquences sur l’économie nationale sont dramatiques.