Connu pour son franc-parler et ses chansons qui s’en prennent parfois au pouvoir, le rappeur algérien, Lotfi Double-Canon, ne peut plus rentrer au pays. Les autorités consulaires du Consulat algérien de Marseille refusent de renouveler le document de voyage du chanteur. Une attitude que le rappeur voit comme des représailles à ses prises de position politiques.

« (…) Moi je ne possède qu’un seul passeport et c’est le passeport algérien. Il a dépassé la date de validité il y a déjà bien longtemps, mais les services consulaires refusent de me le renouveler. Le fait et là : je ne peux renter dans mon pays », a-t-il raconté dans une interview accordée à Maghrbe Voices

Plus que cela, le célèbre chanteur, qui vit en France depuis quelques années, pense qu’il existe une liste de personnalités « bannies » en Algérie. « On évoque dans les médias une liste noire de personnes indésirables en Algérie. L’information n’a jamais été confirmée », a-t-il indiqué.

Le chanteur, au langage corrosif, ne comprend, pourtantn pas l’attitude des autorités, même s’il assume toujours ses positions. « Les relais du régime ont initié une véritable entreprise de dénigrement contre moi et quelques artistes. Ils nous font passer pour les ennemis de la patrie. Ils nous accusent de vouloir attiser les tensions, mais ce n’est pas vrai. Cela ne me porte aucun préjudice physique, cependant ces accusations nous détruisent psychologiquement », a-t-il indiqué.

Dans plusieurs de ses chansons, Lotfi Double-Canon s’en prend au régime. C’est le cas de cette chanson « Fakakirs », sortie en 2014, en signe de protestation contre les maladresses de l’ancien premier ministre, Abdelmalek Sellal. Cela a poussé les autorités à bannir l’enfant de Annaba de toutes les manifestations artistiques