L’Algérie a fait un choix dangereux. Pour stimuler l’activité économique, les pouvoirs publics se déclarent prêts à amplifier leurs politiques « non-conventionnelles » consistant à accroître la masse monétaire. Cela signifie qu’une importante quantité de billets de banque sera imprimée par la Banque d’Algérie. Selon le ministère des Finances, cette nouvelle masse d’argent sera l’équivalent de 18 milliards de dollars en 2018. 

Ainsi, des volumes importants de nouveaux billets vont se retrouver bientôt sur le marché national. Quel est l’intérêt de cette politique ? En vérité, les autorités algériennes veulent créer de la monnaie pour acheter les dettes de l’État, entreprises publiques et payer les entreprises privées qui ont contracté des marchés avec des organismes publics.

A travers ce mécanisme, l’Etat algérien croit savoir qu’il va soutenir la consommation en remédiant au manque de liquidités et contribuer ainsi à faire repartir l’activité économique.

Or, la solution de « planche à billets » risque de s’avérer dangereuse pour la simple raison qu’elle évoque le spectre de l’inflation. En effet l’abondance de la monnaie a pour premier effet d’augmenter les prix.

Les économistes les plus sérieux indiquent que trois raisons techniques expliquent que le danger d’un retour de l’inflation n’est pas favorisé par la planche à billets. D’une part, la monnaie créée par la Banque d’Algérie n’est pas distribuée dans l’économie réelle. Ces liquidités sont en grande partie stockées par les banques, soit parce qu’elles ne trouvent pas de clients pour les utiliser, soit parce qu’elles veulent conserver ces liquidités comme matelas de sécurité dans leurs compte.

Par ailleurs, les attributions de crédit à l’investissement ont fortement diminué avec la crise financière. Cela a ralenti d’autant la création de liquidités. Enfin, les capacités de production de l’Algérie sont largement insuffisantes pour satisfaire la consommation intérieure qui sera renforcée par cette nouvelle quantité d’argent distribuée dans le pays. Enfin, les pressions sur les prix de production et sur les coûts salariaux ne sont donc pas orientées à la hausse. Et c’est pour toutes ces raisons que la planche à billets ne peut constituer une solution à la crise financière en Algérie.