Des organisations d’étudiants et de lycéens se sont donnés le mot pour des manifestations qui auront lieu lundi dans plusieurs villes de Kabylie. Motif ? Une proposition d’amendement sur la loi de Finances, portant sur la promotion de Tamazight, a été rejetée par la commission des Finances de l’APN. Très vite, au refus de l’amendement, les gens ont compris qu’il s’agit d’un refus de Tamazight.

Tout au long des semaines précédentes, des manifestations, certes sporadiques, ont eu lieu dans différentes localités de la région. C’est notamment le cas de la ville de Sidi-Aïch, dans la vallée de la Soummam où des lycéens ont battu le pavé pour dénoncer « la marginalisation » de la langue amazighe. Puis, des élèves se sont même donnés le mot pour « boycotter » les cours de langue arabe en réponse à des informations selon lesquelles des parents des régions arabophones ont refusé que leurs enfants apprennent la langue de Mouloud Mammeri.

L’université de Béjaïa, puis celles de Tizi-Ouzou, Bouira et même Boumerdès, ont été également touchées par le mouvement de protestation. Les slogans sont les mêmes. «Ils ont refusé notre langue, nous allons rejeter leur langue », ont notamment indiqué certains étudiants de l’université de Béjaïa. Pendant ce temps, certains politiques continuent de clamer que « l’APN a refusé de promouvoir Tamazight ». Or, dans les faits, le refus concerne une proposition d’amendement. L’intervention du Premier ministre et du Haut Commissariat à l’amazighité pour annoncer qu’une académie de la langue amazighe verra le jour en 2018 n’ont rien changé à la donne.

A ces revendications légitimes et anciennes, se greffent les idées indépendantistes qui tentent de capter plus d’adhérents. Une fenêtre qui est ouverte sur tous les vents surtout que les promoteurs des appels aux grèves et aux mouvements de protestation ne sont pas toujours identifiés.

Pour éviter des dérapages, des acteurs du mouvement berbère et même certains autonomistes ont lancé des appels au calme. C’est le cas du RPK (Rassemblement pour la Kabylie) qui a diffusé un communiqué appelant à « éviter l’impasse » de 2001.