En visite à Paris jeudi, Ahmed Ouyahia n’a pas perdu du temps. Il a assisté à la signature d’une dizaine de contrats entre les entreprises algériennes et françaises et a prononcé un discours fort éloquent au sein de l’ambassade d’Algérie à Paris.

C’est effectivement dans les locaux de la représentation diplomatique algérienne qu’il a prononcé le discours le plus marquant de sa virée parisienne. Il a, d’abord, nié l’existence d’un pouvoir parallèle en Algérie. “S’agissant des nouvelles de mon pays, je vous dirai que notre président de la République, Abdelaziz Bouteflika, se porte bien et que Dieu lui prête longue vie et bonne santé”, a tenu à préciser Ahmed Ouyahia aux Algériens présents. «Certes, notre Président n’a plus tout le dynamisme que vous lui avez connu lorsque vous l’avez rencontré en 2000 et en 2004 ici en France. Cependant, et contrairement à toutes les rumeurs et propagandes véhiculées par certains à partir de l’Algérie ou à partir de l’étranger, notre Président dirige bien le pays dans tous les domaines, et il n’y a ni cabinet noir, ni pouvoir occulte à Alger », a-t-il précisé.

S’adressant aux Algériens vivant en France à qui il a demandé de constituer des lobbies, le Premier ministre a indiqué que l’Etat algérien protégera ses ressortissants. «L’Etat algérien veille au respect de votre dignité et de vos droits en France. L’Etat veille à  votre représentation dans les institutions nationales. Vous serez représentés dans les prochains Conseil de la jeunesse et conseil économique et social », a-t-il indiqué en direction des dizaines d’Algériens présents dans la salle.

Avant ce discours, Ahmed Ouyahia a assisté, en compagnie de son homologue français, à la signature de 11 accords de coopération. Parmi ces contrats, on peut citer une école de formation du groupe PSA (Peugeot-Citroën Association), une usine de fabrication de médicaments anticancéreux et la création d’une école numérique à Alger. D’autres accords rentrant dans le domaine de l’enseignement supérieur, de la culture et de la formation ont également été paraphés.

C’était également l’occasion pour le Premier ministre de revenir sur des sujets de mémoire. «Le dossier du passé, l’Algérie ne le soulève pas pour enfermer les relations algéro-françaises dans le passé mais pour alléger la démarche commune vers l’avenir, donner plus d’entrain, en prenant en charge quelques soucis que nous avons», a-t-il tenu à préciser. Puis, Ouyahia s’est félicité de l’accord du président français, Emmanuel Macron, qui a donné son quitus pour la remise de la France des « duplicata » des archives algériennes couvrant la période coloniale.

Sur le plan de la sécurité dans le Sahel, Ahmed Ouyahia a rappelé que l’Algérie a fourni des efforts considérables, mais sa constitution interdit à l’armée de sortir en dehors des frontières nationales. Les deux Premiers ministres, Ouyahia et Edouard Philippe, ont également discuté de la préparation de la visite d’Etat qu’effectuera Emmanuel Macron à Alger lors du Premier trimestre 2018.