Malgré les malentendus et tensions qui caractérisent les relations algéro-françaises ces derniers mois, la France a réussi à arracher 11 accords qui favorisent encore son positionnement et son leadership en Algérie. Des accords signés ce jeudi à Paris dans le sillage de la “visite de travail” de Macron, la veille, à Alger. 

Ces onze accords concernent les secteurs de l’économie, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle, de la santé, des PME et de la Culture. Mais en vérité, il n’y a que deux accords portant sur le lancement de projets économiques au sens propre du terme. Les autres accords vont renforcer encore la présence française en Algérie sans contrepartie financière ou économique.

S’agissant du business, la France va procéder, grâce à une convention de partenariat, à la création de filières de formation d’excellence des métiers de l’énergie, de l’électricité et des automatismes industriels. Dans ce sens, une déclaration d’intention a été signée par le Groupe PSA-Peugeot, le ministère algérien de la Formation et de l’Enseignement professionnels et le ministère français de l’Education nationale, portant création, à Oran, d’un centre de formation pour les métiers de l’automobile.

Sur le plan de l’enseignement supérieur, les deux pays ont convenu d’une convention cadre relative au à la recherche-formation et la recherche sur la langue française et les expressions francophones (LaFEF).

Ce réseau, créé par convention passée le 4 décembre 2011 entre les deux pays, prend la suite du programme intergouvernemental Ecole doctorale algéro-française de Français (EDAF) dans le cadre d’une formation  diplômante (magistère et doctorat) pour l’encadrement universitaire algérien.

Une autre convention cadre a été conclue concernant le réseau mixte des écoles (RME), qui compte parmi ses membres 16 écoles nationales supérieures algériennes, 15 écoles préparatoires algériennes et 7 écoles françaises d’ingénieurs. Le RME vise la professionnalisation des écoles nationales supérieures algériennes grâce à la mise en réseau avec des écoles françaises d’ingénieurs.

Deux autres accords dans le domaine de la santé ont été signés. Il s’agit d’un protocole d’accord entre le groupe Sanofi Pasteur et le groupe Saïdal pour la production de vaccins et d’un accord pour la production de produits  oncologiques et de santé familiale en Algérie par le laboratoire Ipsen, dont des médicaments sont présents dans plus de 115 pays à travers le monde.

Au plan culturel, trois accords ont été signés entre l’Algérie et la France. Il s’agit de la reconduction de la convention entre les Centres nationaux du livre (CNL) des deux pays pour la période 2018-2020, d’un accord de coopération entre l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle d’Alger (ISMAS) et l’Ecole régionale d’acteurs de Cannes (ERAC), un établissement de formation supérieure au métier de comédien, et d’une  convention annuelle d’application entre l’ISMAS et l’ERAC pour la période 2017-2018.

Sur le plan des Petites et moyennes entreprises (PME), un protocole de coopération a été passé entre le Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja (CEIMI) et la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises  (CPME Auvergne Rhône-Alpes).

 

Soulignons enfin que tous ces accords ont été signés  jeudi à Paris, en présence des Premiers ministres des deux pays, Ahmed Ouyahia et Edouard Philippe, à l’issue de la 4e session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN).