Inédit ! Les Algérois n’ont pas vécu un tel événement depuis de longues années. Un Président de la République qui déambule dans les rues de la capitale et part à la rencontre des simples mortels citoyens. C’est événement rarissime en Algérie. Et malheureusement, ce Président qui parle au peuple dans les rues est un Chef d’Etat étranger et, de surcroît, un Président français. 

Il ne s’appelle ni Abdelaziz Bouteflika, ni Ahmed Ouyahia ni Abdelmalek Sellal ou encore moins le général-major Ahmed Gaïd Salah. Il s’appelle Emmanuel Macron. Il est français et dirige cette France habituellement et régulièrement honnie par les officines du régime algérien et une partie de l’opinion publique algérienne rompue à l’exerce des interminables polémiques.

Macron a parlé aux Algériens ordinaires. Il a échangé avec eux. Il s’est adressé à eux. Il leur a donné un peu de son temps au cours d’une visite éclair. Ces échanges et ces moments, nos compatriotes ne les ont jamais expérimentés avec nos hauts responsables. Le contraste est donc saisissant entre ces dignitaires étrangers qui s’intéressent aux gens simples et ces dirigeants algériens enfermés à longueur d’année dans leur tour d’ivoire. Des hauts responsables dont les apparitions publiques sont rythmées uniquement par les agendas des visites des officiels français dans notre pays. Des hauts responsables qui ne savent pas quoi dire à leurs compatriotes. Pis encore, des hauts responsables qui ne se soucient même pas de la nécessité de communiquer, à défaut de communier, avec leur société.

Cette visite furtive d’Emmanuel Macron aura au moins permis de constater que le fossé séparant notre élite dirigeante de son propre peuple ne cesse de se creuser. Et c’est plus qu’une vérité blessante. C’est une réalité très dangereuse pour l’avenir du pays.