Emmanuel Macron arrive officiellement demain mercredi à Alger. A l’Elysée, une source officieuse mais confirmée a reconnu que le Président français va rencontrer Abdelaziz Bouteflika. 

Et trois sujets principaux seront discutés entre Bouteflika et Macron. “Les investissements français en Algérie ainsi que les questions de sécurité liées à la région sahélienne et à la Libye”, confirme à ce propos le prestigieux quotidien français Le Monde qui cite une source au niveau de l’Elysée.

La France est de retour sur la scène économique algérienne. Avec la conclusion du projet de l’usine de Peugeot et le lancement de plusieurs autres projets comme celui de Schneider Electric ou Piriou dans la construction navale, la France revient en force alors qu’elle a été distancée sérieusement par la Chine qui rafle ces dernières années une grande part du marché algérien. “Nous avons 500 entreprises implantées en Algérie qui emploient 40.000 salariés directs et près de 100.000 salariés indirects. Comme nous sommes ici pour nous dire les choses avec franchise, je considère que la tendance n’est pas bonne. Avec mon ami Youcef Yousfi, nous sommes décidés à inverser cette tendance. Les chiffres sont sans appel. Notre part de marché est passée de 24% en 2000 à 10% aujourd’hui. Nous devons redresser la barre”, avait confié ouvertement à ce sujet Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances français, lors de sa visite à Alger le dimanche 12 novembre dernier.

Lors de son entrevue avec Bouteflika, Macron va encore approfondir les intentions de Bruno Le Maire en faisant savoir au Chef de l’Etat que la France entend récupérer ses parts de marché à travers de nouveaux partenariats gagnants-gagnants.

Mais il n’y aura pas que le business qui va caractériser les discussions entre les deux Présidents. La Libye où la situation est très alarmante fera partie du menu. Il s’agit d’un sujet complexe sur lequel Alger et Paris n’arrivent pas à trouver un consensus en raison de leur vision divergente. Alger opte pour des négociations avec toutes les factions libyennes y compris les islamistes. Paris veut sélectionner et trier selon ses critères les interlocuteurs qui doivent composer la nouvelle Libye. Idem pour le Sahel où Bouteflika regarde d’un très mauvais oeil l’implication “intempestive” de la France dans les affaires internes de la région. Une implication qui cause un déséquilibre à toute cette région sensible du continent africain.

Bouteflika et ses conseillers reprochent essentiellement à Macron sa passivité vis-à-vis des financements que se procurent les groupes armés grâce au trafic de la drogue provenant du territoire marocain. Cette question est une véritable pomme de discorde d’autant plus que Bouteflika veut pousser la France à exercer des pressions sur son allié marocain pour lutter sérieusement contre ses réseaux de narcotrafiquants, a-t-on appris de plusieurs sources diplomatiques algériennes. C’est dire enfin que les échanges entre Macron et Bouteflika promettent d’être passionnants et passionnés…