Avant même sa présentation devant les députés de l’Assemblée populaire nationale, la nouvelle loi sanitaire suscite de la controverse. Actuellement à l’étude au niveau de la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), le projet de loi ne fait toujours pas l’unanimité parmi les professionnels du secteur.

A commencer par les responsables de certaines caisses de sécurité sociale et de catégories professionnelles. Cela sans parler des médecins qui sont les premiers à monter au créneau pour dénoncer qui un manque de concertation, qui des ratés.

Ainsi, selon les rares informations qui nous proviennent des débats au sein de la commission parlementaire de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle, le président de l’Ordre national des médecins, Mohamed Bekkat-Berkani est celui qui a le plus soulevé de remarques sur le projet de loi. A commencer par le fait d’imposer l’inscription à l’Ordre aux seuls médecins exerçant dans le secteur privé. Les praticiens exerçant dans les milieux hospitaliers ne sont pas soumis aux mêmes exigences. Ce qui a fait dire au représentant des médecins qu’il faut « supprimer cette obligation », à partir du moment où elle met en opposition deux corps de santé.

Des nouveautés…

Les critiques n’émanent pas que des syndicats et professionnels. Même des représentants du gouvernement, à commencer par celui du le directeur de la prévention du handicap au ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme. Il a souligné l’importance de «clarifier la partie habilitée à prononcer l’infirmité d’une personne handicapée exerçant dans le domaine médical, de même que soit mentionnée la conformité du travail de la concernée avec la nature de celui-ci», tout en proposant de substituer le vocable d’«incapable» dans le projet de loi par un autre, en raison de sa «connotation péjorative».

Sur le plan pratique, la nouvelle loi sanitaire, qui devra remplacer celle qui a été élaborée en 1985, se veut un cadre réglementaire pour le secteur privé. Ce dernier deviendra complémentaire du secteur public, prédominant jusque-là.

Le projet précise également l’instauration d’un médecin de référence, ou ce qui est connu sous l’appellation de « médecin de famille ». Le ministre de la Santé, Mokhtar Hesbellaoui a précisé que  le médecin de référence est le médecin généraliste, pour ne recourir aux médecins spécialistes qu’en cas d’urgence, et ce, « dans le but d’assurer un bon suivi du dossier du malade dans le cade d’un système intégré où le secret médical est préservé ».

L’autre nouveauté apportée par cette loi est la possibilité qui est désormais offerte pour des soins à domicile. Le nouveau projet de loi réglementera et organisera la prise en charge thérapeutique et les soins à domicile, devenus  “impératifs”, avait ajouté Hasbellaoui, pour maitriser les couts des soins et garantir la qualité des prestations sanitaires à travers la réduction la durée des hospitalisations et en privilégiant la chaleur du foyer familial pour les patients atteints de pathologies lourdes et personnes âgées.

Le texte du gouvernement met également l’accent sur la prise en charge des maladies chroniques et spécifiques. Il privilégie, également, la prévention.