L’Algérie vit depuis le mois de juin dernier une véritable crise de liquidités bancaires. Il n’y a plus assez d’argent en circulation dans le pays et les réserves ont chuté cruellement ces trois dernières années. Preuve en est, “en 2014, les liquidités bancaires  étaient de 2731 mds DA et en juin 2017 elles ont chuté à 725 mds DA”, a révélé mercredi à ce propos le directeur général de la Société de gestion de la bourse des valeurs  (SGBV),  Yazid Benmouhoub.

Ce haut responsable a expliqué qu’une somme colossale de 2006 milliards de dinars, soit l’équivalent de 20 milliards de dollars, a disparu de notre marché bancaire en l’espace de trois ans. Cette baisse de la liquidité bancaire évaluée à 72% en 2017 contre 64% en 2016, d’après le même interlocuteur, a provoqué une paralysie au niveau de nos banques et institutions financières.

Ce dysfonctionnement est à l’origine des difficultés économiques que subissent de nombreux secteurs dans notre pays. Il faut savoir que l’assèchement de liquidité provoque la paralysie du système interbancaire et on peut assister à un resserrement du crédit (credit crunch), à savoir les crédits sont difficilement octroyés et le sont uniquement sous des conditions précises et contraignantes, même pour des clients dont la solvabilité est assurée.

Sur le marché financier, la baisse des liquidités perturbe les échanges entre les vendeurs et les acheteurs qui ne se rencontrent pas par manque d’actifs, et rend impossible les opérations financières.

Les marchés financiers ont besoin d’être liquides pour attirer les investisseurs. C’est même le facteur numéro un qui prime chez les investisseurs qui achètent des titres financiers. En effet, ces titres peuvent être transformés en cash à tout moment sans que le prix ne soit impacté de manière importante. Le tout, dans un temps très raisonnable. Cette liquidité permet donc de transformer des produits financiers en monnaie.

L’Algérie a donc pour obligation de résoudre rapidement cette crise des liquidités si elle veut sortir de l’ornière et trouver des solutions face à l’actuelle crise financière.