Attaquer l’Iran, isoler le Hizbollah libanais et entraîner les pays membres de la Ligue arabe dans les guerres régionales : voilà le credo que se fait l’Arabie saoudite depuis un certain temps. Tous les pays de la région ont répondu présent, sauf un : l’Algérie refuse catégoriquement d’être entraînée dans ces expéditions d’un autre âge.

Alors que tous les pays de la Ligue Arabe se sont précipités à une réunion des ministres des Affaires Etrangères qui devait porter sur « la situation au Liban », Abdelkader Messahel a brillé par son absence.

Au ministère des Affaires étrangères, on explique cette absence par la volonté de l’Algérie de ne pas se mêler des conflits qui « ne la regardent pas ». Surtout que lors de cette rencontre, la Ligue arabe a menacé indirectement l’Iran et qualifie le Hizbollah de groupe terroriste. Des procédés que l’Algérie refuse de cautionner. Elle considère, en effet, que le groupe armé chiite libanais est un « groupe de défense » contre Israël. En plus, Alger entretient d’excellentes relations avec Téhéran depuis notamment l’arrivée au pouvoir des présidents modernistes, Khatami, puis Rohani qui vient d’entamer un second mandat à la tête de son pays.

Quelques jours plus tard, Alger a refusé de faire partie de la coalition internationale pour lutter contre le terrorisme. 40 pays se sont en effet réunis dimanche dernier à Riyadh. Mais sans l’Algérie. Notre pays lutte, depuis des années, contre le terrorisme. Il n’a donc pas besoin de s’arrimer à d’autres initiatives venues d’ailleurs. « L’Algérie est une grande puissance que nous traitons en tant que telle. Nous maintenons le dialogue avec elle », a expliqué, mardi, un militaire saoudien interrogé par la chaine France24.

Ces refus s’ajoutent au niet opposé par l’Algérie lors que l’Arabie Saoudite a décidé, en 2015, de déclarer la guerre au Yémen. Pour cela, elle a un argument de taille : « L’armée algérienne ne combat pas en dehors des frontières du pays » et l’Algérie refuse de « se mêler des problèmes internes aux pays ». Mieux que cela, « aucun militaire algérien ne mourra pour une autre raison qui ne concerne pas l’Algérie », avait dit Ahmed Ouyahia lors d’une sortie médiatique. Tout est dit.