Le fameux et célèbre marché “Dubaï d’El-Eulma”, dans la wilaya de Sétif, est menacé de disparition. Une ressortissante française vient de saisir les autorités algériennes en lui réclamant la restitution des 400 hectares sur lesquels ce marché, un véritable bazar à ciel ouvert abritant les magasins des importateurs les plus riches de tout le pays, a été construit. 

Safia Samai est une ressortissante française qui dispose de tout un dossier démontrant que les actes de vente du patrimoine de sa famille à El-Eulma sont marqué du sceau de la fraude et du trafic. Cette femme se bat depuis la mort de son père depuis maintenant plus de 14 ans pour récupérer le patrimoine familiale qui a été dépecé dans des conditions douteuses et troublantes.

D’après les déclarations de cette ressortissante française, les actes de vente des terrains composant le patrimoine foncier de sa famille ont été rédigés par “des notaires aux noms d’incapables, d’orphelins, de femmes et de défunts”. Safia Samaï a même adressé une lettre au Président de la République pour lui expliquer les tenants et aboutissants d’un véritable imbroglio administratif qui risque aujourd’hui exproprier pas moins de 20 mille habitants et commerçants à El-Eulma.

“Tous les documents qui peuvent étayer nos arguments ont été déposés devant la juridiction de la Cour suprême, et ce, en attendant qu’il soit statué sur le mérite de ce pourvoi. Bizarrement mes plaintes contre X (puisque ce sont à l’origine des «morts» qui opèrent des transactions) remontant aux années 2000 se sont transformées par miracle en requête contre personnes dénommées n’ayant rien à voir avec les agissements énoncés”, explique cette dame déterminé à mener jusqu’au bout son combat pour récupérer les terres ancestrales de sa famille cédées depuis des années aux barons du marché informel et de l’import.

“Le Directeur des Conservations Foncières de la Willaya de SETIF, Monsieur HAMADECHE, m’a remis 60 actes concernant les immeubles de mon grand-père Elkier SAMAI, seule l’adjudication de 1920 apparaît sur sa fiche personnelle à la Conservation Foncière de EL EULMA. Aujourd’hui en lieu et place de la maison et du terrain est édifié un hôtel flambant neuf à deux pas de la mosquée Brahim ZEGGAR. J’avais saisi Monsieur le Procureur de la République de EL EULMA en 2008 à ce sujet, en vain. C’est pourtant à partir de 1985 que tout s’est enchaîné à une vitesse vertigineuse dans la rédaction, l’archivage d’actes notariés de «transactions dans l’indivision», de fiches personnelles, de fiches d’immeubles, de fiches alphabétiques et de livrets fonciers faits en violation de toutes les règles du Droit de Succession, du Code Civil et du Code de la Famille. Ces documents d’apparence «OFFICIELLE» revêtent un caractère plus que douteux sans que cela n’éveille les soupçons des responsables de l’Administration des Domaines qui sont restés sourds à toutes mes doléances”, relate-t-elle encore dans sa lettre où elle demande à la justice algérienne de rétablir dans ses droits.

Une demande qui n’a pas été favorablement accueillie à El-Eulma où les autorités locales signent et persistent : ces terres appartiennent, désormais, à leurs occupants. Il n’est donc pas question de porter préjudice à plus important bazar à ciel ouvert du pays. Le marché Dubaï à El-Eulma accueille quotidiennement plus de 10 mille visiteurs. Les barons du business parallèle ont transformé ces dernières années ce marché en un immense pôle commercial où toutes les marchandises sont proposées à la vente. Le combat de cette ressortissante française est-il donc perdu d’avance ?