L’histoire de l’enseignement supérieur algérien se divise essentiellement en deux phases : avant et après l’indépendance du pays en 1962. La première université créée en Algérie fut l’Université d’Alger, fondé en 1910. Ainsi, en 1962, l’enseignement supérieur algérien se réduisait à l’Université d’Alger, à deux annexes installées à Oran et Constantine et à quelques écoles établies par la France, concentrées dans la capitale, comme l’École Nationale Supérieure de Commerce, fondée en 1900, l’Ecole Nationale Polytechnique, fondée en 1925 et l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique, instituée en 1909.

Au lendemain de son indépendance en 1963, l’Algérie ne comptait pas plus de 2500 étudiants. Depuis, le système d’enseignement supérieur national a connu une évolution quantitative importante, comme le montre le tableau 1 (alors qu’en 1971 on ne comptait que 144 étudiants pour 100 000 habitants, on en comptait presque 3300 pour 100 000 en 2010), ainsi que de profondes mutations. L’extension du réseau universitaire, les effectifs estudiantins et le nombre de diplômés sont autant d’éléments qui témoignent de cette évolution. Ainsi, dès 1962, des aménagements ont été apportés dans la gestion et le recrutement pour commencer à adapter l’enseignement supérieur au contexte de souveraineté nationale.

Des instituts de technologie, rattachés à différents ministères, sont ouverts dès 1969, pour répondre à la demande pressante en cadres et en techniciens. Ce n’est qu’une décennie après l’indépendance que l’université algérienne procédera à une profonde mutation.

Le but de la réforme de 1971 était ainsi d’opérer un changement profond dans les fondements mêmes de l’ancien système de formation, de créer une université authentiquement algérienne, intégrée dans le processus de développement de façon à permettre la mise en œuvre de

Une refonte totale des programmes de formation a ainsi été proposée, dont la principale caractéristique réside dans les éléments suivants : diversification, spécialisation et professionnalisation. L’objectif recherché était l’orientation plus poussée vers
l’enseignement scientifique et technique.

Cela s’est traduit entre autre par l’organisation de nouveaux cursus et l’apparition de nouveaux diplômes : la licence, le D.E.S (diplôme enseignement supérieur) et le diplôme d’ingénieur. C’est à partir de 1980 qu’un certain nombre d’amendements allaient être apportés progressivement à la réforme de 1971, comme la restructuration des
universités en facultés et en instituts, la mise en place d’un système d’orientation des bacheliers à l’entrée de l’université et la mise en place des formations de courte durée.

Des effectifs qui ne cessent d’augmenter 

L’enseignement supérieur en Algérie, après une période de forte expansion qui a vu ses effectifs atteindre un chiffre de plus de 1.200.000 étudiants en 2010/2011, doit se préparer au défi de l’amélioration de la qualification des diplômés qui sont appelés à exercer dans tous les secteurs d’activité et à servir d’exemple, en tant que citoyens et responsables, dans une société encore marquée par l’analphabétisme (même si son taux est passé de 90% en 1963 à moins de 25% en 1996).

L’accès à l’université est garanti pour tous, en fonction de leur mérite, conformément aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce principe a été et reste un des fondements de la politique de l’enseignement supérieur en Algérie. Dans ce domaine, l’accès des femmes aux études supérieures a fait un progrès important avec le passage de leur effectif de 23% en 1977 à 54% en 19972

L’octroi de bourses d’études à plus de 80% d’étudiants va dans ce sens. Environ 45% du budget du Ministère de l’ES a été alloué à l’enseignement supérieur pour la couverture des besoins d’hébergement et de restauration des étudiants. C’est à ce prix qu’une grande
majorité d’étudiants, issus de milieux classés défavorisés, a pu accéder aux études supérieures. Mais la demande croissante et les contraintes budgétaires ont mis en évidence les faiblesses du système.

Le taux de chômage parmi les jeunes reste l’un des principaux défis de l’Algérie d’aujourd’hui. Malgré une diminution continue du taux de chômage national depuis 2000 — de 29 % à 15,3 % en 2005 et 10,2 % à la fin 2009 —, le chômage des femmes et des jeunes restes actuellement élevé à 21 %.

Par ailleurs, le décalage entre les débouchés offerts par le marché du travail et l’offre de
compétences est une source de mécontentement grandissant au sein de la jeunesse instruite. Le taux de chômage élevé parmi les diplômés porte atteinte à l’image de l’université et reflète son incapacité à répondre aux demandes de main-d’œuvre de l’économie. Les entrepreneurs privés se plaignent de la qualité des demandeurs d’emploi formés et de leur manque de compétences de base.

Moins de 20% des étudiants sont inscrits en sciences et en génie, alors que 80 % le sont en sciences humaines, sciences sociales et éducation.

Etude réalisée et menée par la Banque Mondiale à propos de la gouvernance des universités algériennes