C’est une affaire sombre qui soulève de nombreuses questions. Hamza Hadjouti, 34 ans, le mari de Fidi Hadjouti, la fille du commandant Azzedine, l’une des grandes figures de l’Armée de Libération Nationale (ALN) lors de la guerre d’Indépendance, a été retrouvé assassiné d’une balle dans le ventre. 

Un assassinat qui survient suite à un “kidnapping”, dénonce son épouse, Fifi selon laquelle son mari Hamza a fait l’objet d’un “enlèvement, mercredi vers 20 heures, dans les couloirs de l’Hôpital Mustapha Pacha, à Alger”. “Nous avons été interceptés par 20 individus qui se sont présentés comme des agents de la police judiciaire. Un rapt qui s’est effectué sous nos yeux. Au début, ils m’ont rassuré en me faisant croire qu’ils vont uniquement interroger mon mari et il sera libéré rapidement pour me rejoindre à la maison”, raconte Fifi dans son témoignage accordé à Algériepart.

Pendant 48 heures, Hamza ne donne aucun signe de vie. “Mais son téléphone demeurait toujours allumé et grâce à la géolocalisation de son appareil, nous avons su qu’il se trouvait dans les locaux de la caserne Antar du DRS”, témoigne Fifi Hamzaoui.  Samedi après-midi, Fifi et la famille de son mari ont été convoqués par la brigade de gendarmerie de Bab-Djedid à Alger. “Ils m’ont informé à ce moment-là que mon mari a été assassiné d’une balle dans le ventre et sa dépouille se trouve à la morgue de l’hôpital Mustapha. Le tribunal de Blida a même délivré un constat de décès et un permis d’inhumer”, nous explique la même interlocutrice selon laquelle c’est un capitaine de la gendarmerie de Bab-Djedid qui lui a confirmé l’arrestation de son époux par les éléments d’une brigade de la DRS.

“Lorsque j’ai accusé les gendarmes d’avoir tué mon mari, ils m’ont rétorqué qu’il avait été détenu par le DRS à Antar. Et lorsqu’il a été blessé, il a été transféré à l’hôpital militaire de Blida. Mais son état s’est gravement détérioré et il finira par décéder. Sa dépouille a été par la suite transférée à Mustapha-Bacha”, confie Fifi Hamzaoui qui a rencontré également le médecin légiste.

Ce dernier lui a recommandé de prendre contact avec le Procureur général près le tribunal de Bir Mourad Raïs. “Le procureur n’a pas voulu m’accueillir pour que je puisse récupérer le rapport de l’autopsie. Sa secrétaire m’a renvoyée vers le capitaine de la gendarmerie de Bab-Djedid”, déplore la femme éplorée qui pointe du doigt sans aucun faux-fuyant le DRS. “Il a été kidnappé par des éléments du DRS. Je demande que les personnes qui ont organisé son enlèvement rendent des comptes et soient punis”, lance-t-elle tout en réclamant la vérité sur le sort de son mari dont le corps récupéré à la morgue de l’hôpital Mustapha-Bacha portait des traces de torture, nous apprend toujours Fifi Hamzaoui.

De son côté, son père, le commandant Azzedine a adressé une lettre à plusieurs médias algériens dans laquelle il dénonce “l’assassinat” de son beau-fils  par des “agents de la sécurité qui avaient organisé le kidnapping.” Le commandant Azzedine a révélé également dans sa lettre qu’il avait  déposé plainte auprès de la brigade de gendarmerie du Club des Pins le jour même de l’arrestation ou l’enlèvement de Hamza. “J’ai alerté les plus hautes autorités de la police mais en vain”, regrette-il.

“Je me tourne vers les autorités concernées pour leur dire :  Les morts ont toujours tort, car eux seuls connaissent la vérité sur la tragédie qui les a ravis aux leurs. Alors faites la lumière ! Faites la lumière avant que mes yeux ne se ferment ! Je ne crie pas vengeance, je réclame justice”, dit-il enfin dans sa lettre.