Djillali MEHRI est né le 15 décembre 1937 dans l’oasis d’El-Oued au sud de l’Algérie.  Il est marié et père de six enfants.

Nous avons publié de nombreux articles sur ce personnage, qui est bien connu dans le monde des affaires. Le richissime homme d’affaires algérien avait accepté de se lancer dans une carrière politique, en se présentant aux élections législatives de 1997, alors que l’Algérie traversait une de ses plus triste période.

 

Le jour où le milliardaire Djilali Mehri a introduit le géant suédois Ericsson en Algérie by Anonymous uKab5aIwr on Scribd

MEHRI fut alors élu député indépendant, proche de Hamas, à l’Assemble populaire nationale et ce jusqu’en 2002Lorsqu’on lui demande s’il est-il toujours intéressé par la politique il répond qu’il n’a plus aucune ambition dans ce sens. « Je crois qu’il ne faut pas mélanger la politique avec le travail que je fais. Il y a parfois contradiction », explique-t-il dans un article dithyrambique publié par un journaliste en 2009.

 

Parlait-il alors de cette affaire qui avait défrayée la chronique en Suède ?

 

La radio publique suédoise, Sveriges Radio (SR), avait annoncé, le 21 novembre 2009, que le numéro un mondial des réseaux de téléphonie mobile, ERICSSON, aurait versé des pots-de-vin à des hommes politiques à la fin des années 1990, afin de remporter des contrats. Parmi les personnes citées dans cette affaire de corruption, on retrouve l’ancien membre du Parlement algérienDjillali MEHRI, qui avait signé un accord d’agent, représentant l’équipementier de télécommunications ERICSSON en Algérie.  Le riche homme d’affaires aurait, en vertu de cet accord, perçu en 199920 millions de couronnes de commissions de la part du groupe suédois, soit l’équivalent de 2.5 Millions d’Euros.

 Selon le contrat signé le 14 Juin 1996 par le responsable des marchés Corporate Mr DAN EKMAN, que nous mettons à votre disposition, ces commissions correspondent aux informations et à l’aide que fournira NSI, une société basée en Suisse et qui appartiendrait à Djillali MEHRI, concernant les projets commerciaux d’ERICSSON en Algérie. 

 L’article 2 du contrat est encore plus explicite puisqu’il prévoit une assistance légale, financière et fiscale dans les négociations, avec un accès aux plus hautes instances des autorités publiques en vue d’obtenir toutes les autorisations pouvant faire bénéficier ERICSSON d’un avantage concurrentiel. Cet article indique clairement que Djillali MEHRI sera rémunéré pour avantager les intérêts de l’opérateur téléphonique suédois au détriment de ceux de l’Algérie dont il était un député, représentant du peuple Algérien ! 

 

D’autre part, la législation algérienne interdit fermement les intermédiaires dans le cadre de marché publics.  Il est clair que la rémunération d’un agent provient essentiellement des marges dégagées dans les projets de ventes qu’assure ou facilité le dit représentant. Dans une série de correspondances s’étalant de l’année 1997 à l’année 1999 et que nous nous sommes procurés, ERICSSON une fois encore à travers DAN EKMAN, informe directement Djillali MEHRI et NSI du montant des commissions qui lui seront versées dans le cadre du déploiement du système GSM entrepris par le Ministère des PTT, commissions liées au contrat signé avec la société SITEL et qui correspond à un pourcentage direct sur la valeur des matériels importés. 

En réaction à ces informations, Örjan BERNER, un des responsables de Transparency International – organisation non gouvernementale – avait estimé que “s’il a été fait appel aux services de la personne en question (M. MEHRI) en tant qu’agent, cela est très inapproprié, car on est à la limite de la corruption” !

 

Un député élu de la Nation, qui favorise une entreprise étrangère contre rémunération dans le cadre de marchés publics est inacceptable par la loi de notre pays. L’Algérie était, pourtant, en cette période tragique exsangue, et Djillali MEHRI est soupçonné de profiter sans vergogne de sa position d’élu pour s’enrichir un peu plus encore sur des marchés publics.
 

Est-ce que le mandat d’un député en Algérie ne devrait-il pas faire cesser toutes ses fonctions et influences dans la sphère économique ? Pourquoi l’Algérie n’adapte-t-elle pas son arsenal juridique pour contrer les actes de malveillance qui découlent de la relation incestueuse entre politique et argent qui fait tant de mal à notre économie ?

Pour notre part, nous nous demandons même pourquoi cette affaire n’a jamais été portée en justice. Djillali MEHRI jouit-il d’une quelconque protection le mettant au-dessus des lois de la République comme dans l’affaire d’Oran ?