Les élections locales de jeudi ont donc leur verdict. Les partis du pouvoir resteront en place et il ne restera, pour les autres formations que des miettes. Le FLN et le RND, qui totalisent à eux-seuls plus de 50% des suffrages contrôleront également la chambre haute du parlement, le Sénat, dont les membres vont être changés en décembre prochain.

C’est donc l’incarnation d’un statu-quo enregistré lors des élections législatives de mai dernier. Les accusations de fraude mises de coté, il faudra s’interroger sur quel sens donner à une élection qui montre tous les paradoxes de ce pays : alors que tous les signes montrent que l’Algérie a besoin d’un changement profond, ce scrutin, boycotté par une majorité passive de la population, consacre le fait accompli. Il ne permet pas donc de voir de nouveaux horizons et fait de l’échéance présidentielle de 2019 un tunnel sans ouverture.

Pourtant, il y a quand même un motif d’espoir : malgré quelques dizaines d’élus glanés ici et là, les partis islamistes traditionnels sont quasiment laminés. Du MSP, pourtant réunifié, et des formations qui gravitent autour de Abdellah Djaballah, il ne reste que les noms. Le discours religieux ne porte plus ? Ou c’est la manière de faire de la politique de ces formations politiques qui pose problème ? En l’absence de données fiables, il est difficile de donner des réponses précises à ces interrogations. Mais il reste que le recul de ces partis est un fait désormais consacré.

Autre enseignement à tirer de cette élection : le taux d’abstention qui reste élevé. Malgré le tapage médiatique, malgré l’implication de partis politiques, le nombre de votants reste très en deçà des attentes. Car, quoi qu’en dise, une élection locale attire beaucoup plus d’électeurs que lors des autres scrutins. Mais une opération s’est, semble-t-il, opérée. Est-ce la démission de la population ou leur dégoût de ce qui est politique ?

Il faudra maintenant savoir quel sera l’impact de ces élections sur la vie des citoyens. Seront-ils servis au retour ? Les nouveaux élus seront-ils à la hauteur de la confiance placée en eux ou enfonceront-ils la défiance des Algériens vis-à-vis de ce qui est politique ? Cela dépendra des élus et d’eux-seuls.