La crise des Harragas est de retour en Algérie. Elle coïncide comme par hasard avec la crise financière qui paralyse le pays et aggrave les problèmes sociaux dont sont victimes les jeunes Algériens. 

Une crise qui se transforme en tragédie. Jeudi où moment l’Algérie devait voter pour renouveler les instances de ses assemblées locales, à Mostaganem, le corps d’une personne non identifiée, découvert par des pêcheurs jeudi à l’aube au large du littoral de Mostaganem, a été repêché.

Le corps en état de décomposition avancée, découvert dans un filet de pêche, a été remis au port commercial de Mostaganem à l’unité de la protection civile qui l’a transféré à son tour vers la morgue de l’établissement hospitalier “Che Guevara”, a-t-on indiqué avançant l’hypothèse qu’il s’agit d’un jeune candidat à l’émigration clandestine dont la tentative a échoué cette semaine.

La veille, mercredi, un bateau de pêche avait repêché e corps d’un jeune âgé entre 25 et 30 ans en état de décomposition partielle, qui a été transféré aussi à la morgue du même hôpital.

Il faut noter que les côtes de Mostaganem ont enregistré rien que durant cette semaine, l’interception de 99 harraga à bord de six embarcations. Ce phénomène alarmant démontre que la harga attire de nouveau énormément d’Algériens qui sont prêts à risquer leur vie en  flirtant avec la mort dans le seul de but d’atteindre les côtes européennes notamment de l’Espagne, le pays le plus proche de l’ouest algérien.

Et à ce sujet, les autorités espagnoles ont tiré la sonnette d’alarme et exigent des mesures concrètes de la part des autorités algériennes. Selon le journal espagnol El Mundo, Juan Ignacio Zoido, le ministre de l’Intérieur espagnol, va rencontrer l’ambassadrice d’Algérie à Madrid, Taous Feroukhi pour lui demander de transmettre les préoccupations de l’Espagne aux autorités algériennes.

Selon un autre quotidien basé à Madrid, ABC, rien qu’entre le 26 octobre et le 3 novembre dernier, 600 Algériens sont arrivés à Almería et à Murcia par voie illégale et en empruntant des embarcations de fortune.

Notons enfin que selon le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’Algérie est classée au cinquième rang du classement des nationalités de migrants effectuant la traversée, derrière la Syrie (15%), le Maroc (9%), le Nigéria et l’Irak (7% chacun). C’est dire enfin que l’Algérie fait de plus en plus fuir ses jeunes désespérés par le chômage et la mal-vie.