“Saïd Bouteflika n’a pas d’ambitions présidentielles”. Pour la première fois, le secrétaire général du FLN, Djamel Ould-Abbès, a franchi un pas. Il a démenti, en des termes aussi clairs, toute volonté du frère cadet du chef de l’Etat de briguer la présidence de la République.

« On a donné à l’homme une ambition qu’il n’a jamais nourrie. Je le dis et j’assume. Et je sais de quoi je parle », a indiqué Ould-Abbès, dimanche soir sur la chaîne El-Bilad TV. Interrogé sur ses récentes déclarations évoquant notamment « ki yzid nesemmiweh said », le chef du parti a renvoyé à une expression utilisée dans sa wilaya de naissance, Ain-Temouchent. « Chez nous, la référence est le saint Sidi-saïd. On dit alors, ki yzid, nsemmih saïd. Ailleurs, ils disent Bouzid », a-t-il précisé.

Il ajoutera que Saïd Bouteflika « remplit bien sa mission qui est celle de conseiller, de frère et de proche » du chef de l’Etat. « Pas plus que cela », a-t-il insisté. Selon lui, Saïd Bouteflika est « un homme cultivé, un ancien syndicaliste et professeur d’université qui met ses connaissances au service de l’Etat et de son frère ».

Pressé de préciser sa pensée quant au futur président dont il parle souvent, Djamel Ould-Abbès a également mis de l’eau dans son vin. « Quand je dis que le nom du prochain président est dans ma tête, cela ne veut pas dire que la décision est prise. Cela renvoie à mon souhait et celui du parti auquel j’appartiens » ; a-t-il précisé. Pressé de donner un nom, Ould-Abbès a fini par lâcher « je ne peux pas voter sur quelqu’un d’autre en dehors du Président » Abdelaziz Bouteflika.

Djamel Ould-Abbès a, par ailleurs taclé, une nouvelle fois le Premier ministre. Selon lui, il n’y a jamais eu « manque d’argent dans les caisses de l’Etat » comme le rappelle souvent Ahmed Ouyahia. « Chacun joue avec les chiffres comme il veut », a-t-il lâché tout en précisant qu’il ne veut pas polémiquer avec le Premier ministre, « un homme compétent, qui a le souci de l’Etat ».