Hadda Hazem a finalement suspendu sa grève de la faim. La directrice du journal arabophone El-Fadjr, a reçu, ce lundi, le soutien de dizaines de journalistes et de militants politiques de tous horizons. Ils sont venus soutenir la journaliste, dont le quotidien est en difficultés financières depuis que l’Etat a décidé de lui couper la publicité publique, nécessaire à son fonctionnement.

Les journalistes présents ont notamment dénoncé le monopole de l’Etat sur la publicité publique. Une situation qui permet aux autorités d’exercer des pressions sur les médias récalcitrants. Le rassemblement a pris acte de la situation désastreuse de la presse algérienne après des années de chantage à la publicité par les pouvoirs publics. Le combat d’Al Fajr et de sa directrice marque un tournant.

“La revendication de lever le monopole sur la publicité publique est au cœur d’un nouveau pacte pour sauvegarder la diversité de la presse algérienne et l’indépendance éditoriale du journalisme”, note dans ce sens un communiqué du comité de soutien au journal El Fadjr. “Le comité de soutien à Al Fajr est déterminé à poursuivre la mobilisation. Il est ouvert à tous les apports. Il interpelle l’ensemble de la profession, les acteurs de la société civile, la classe politique et l’opinion publique. Il faut en finir avec le modèle obsolète de mise sous tutelle de la liberté de l’information par le pouvoir politique en Algérie. A cet effet le comité engage des consultations afin de doter l’action de Hadda Hazem et d’Al Fajr des prolongements stratégiques qui pèseront sur l’avenir de l’ensemble de la presse algérienne”, ajoute le texte.

En réponse, le ministre de la Communication a indiqué à des journalistes que le problème du journal que gère Hadda Hazem est « économique ». Il a précisé que El Fadjr « a   bénéficié de 76 milliards de centimes en huit ans, et quatre milliards de centimes en sept mois durant l’année en cours ».

Ce que la concernée réfute. Dans des déclarations à des médias, elle a défié le ministre de rendre publiques toutes les dettes et surtout de citer tous les journaux qui reçoivent la publicité publique. « J’ai une comptabilité nette », a-t-elle indiqué au téléphone.