Le milliardaire et patron de l’ETRHB, l’un des groupes privés les plus riches en Algérie, Ali Haddad a lancé dans la discrétion la plus totale un énorme projet. Il s’agit d’une aciérie qui produira pas moins de 500 mille tonnes de fer. Basée à environ 30 Km de la ville d’Annaba, cette aciérie sera construite par les italiens de Danieli, une entreprise classée parmi les trois plus grands fournisseurs de systèmes et équipements destinés à l’industrie des métaux. 

Le contrat entre Ali Haddad et Danieli a été signé discrètement au mois de juillet dernier, a appris Algériepart suite à ses investigations. L’affaire a été conclue au moment où Ali Haddad faisait la guerre à Abdelmadjid Tebboune, l’ancien Premier-ministre qui avait tenté de mettre un terme à son influence sur les affaires et la politique.

Selon nos investigations, une ligne de crédit a d’ores et déjà été lancée auprès de plusieurs banques publiques et étrangères installées en Algérie pour financer ce méga-projet dont le coût atteint les 400 millions de dollars. Les italiens de Danieli attendent uniquement le déblocage des premières tranches de cet argent pour commencer leurs travaux et importer depuis l’Italie les machines et équipements industriels nécessaires au fonctionnement de la future aciérie.

De son côté, l’ETRHB, l’entreprise d’Ali Haddad, construira les hangars et d’autres partis de cette usine qui abritera également, a-t-on encore appris, un laminoir, à savoir une usine de transformation des métaux. Avec cette aciérie, Ali Haddad sera le troisième acteur important du marché du fer en Algérie après Tosyali, le géant turc qui détient en ce moment la plus importante unité de production de fer située la zone industrielle de Bethioua près d’Oran. Le patron de l’ETRHB ne sera également distancé que par les qataris avec leur complexe sidérurgique de Bellara basé à Jijel.

Fruit d’un partenariat entre le groupe algérien Sider (51%) et l’entreprise Qatar-Steel (49%), le complexe sidérurgique de Bellara produira, dans une première phase, 2 millions de tonnes d’acier par an, puis 5 millions de tonnes dans une deuxième phase. Mais, selon notre enquête, les travaux de ce futur complexe, dirigés également par les italiens Danieli, ne sont pas encore achevés et il faudra attendre au moins une année pour lancer la production dans cette immense acierie. Ali Haddad joue ainsi dans la cour des grands au moment où l’Algérie souffre d’une sérieuse crise financière.