La mission d’un chargé hygiène sécurité environnement (HSE) est de réduire au maximum les risques au travail : accidents, maladies professionnelles, incendies, pollution.

Ce spécialiste de la sécurité en entreprise a un rôle de prévention. Il vérifie le bon fonctionnement des alarmes, des portes coupe-feu, des cartes d’accès, il organise des exercices incendie pour le personnel, tout comme il forme les agents aux techniques d’évacuation, d’intervention et de sauvetages. Le chargé de sécurité a également un rôle de contrôle, il veille au respect des normes et des consignes qu’il a définies au quotidien.

Que cela soit l’obligation de port du casque sur le chantier ou l’interdiction de fumer dans certains espaces au sein de l’entreprise, il passe tout au crible. Face au risque plus spécifique de pollution industrielle, on fait également appel à un ingénieur hygiène sécurité environnement appartenant à un cabinet de conseil.

 Il est souvent spécialiste d’un ou plusieurs domaines précis (chimie, biologie, électricité, informatique), aussi, il identifie les risques de dysfonctionnement et prévoit des solutions. Cette fonction est accessible aux ingénieurs ainsi qu’aux techniciens supérieurs expérimentés.

Le diplôme le plus haut étant un Master spécialisé.

 En Mai de cette année, un formateur HSE avec une très longue expérience, participe à un test de sélection à HASSI MESSAOUD au sein de SONATRACH DP EL GASSI dans des conditions, qui nous ont paru, aussi indignes qu’inacceptables qui heurtent la morale et l’éthique au sein de la première entreprise algérienne.

 

 Rappel des Faits

Un appel d’offres avait été lancé par SONATRACH, en direction de centres de formations, pour le recrutement de formateurs dans la filière très importante du HSE. L’entrepris retenue par SONATRACH était l’EURL SAFETY INTEGRATED SOLUTION, un centre de formation professionnel agréé par l’Etat le 26 juin 2016 sous le N° d’agrément 1444.

 

Suite à cela, la responsable du centre de formation Madame Yamina H. aurait décidé de contacter Mr Mohamed O., un expert HSE, en lui proposant de faire partie des personnels qu’elle souhaitait mettre à la disposition du groupement SONAHESS, une société mixte Algéro-Américaine, intéressée par des formateurs HSE.

La responsable de ce centre de formation lui établit pour la circonstance, un ‘’contrat’’ de consultant formateur sous la référence SIS013/AVL 17 d’une durée de 9 mois, expirant le 31 Décembre 2017Ce contrat complaisant, dont nous nous sommes procuré une copie, arrête le montant de la rémunération pendant cette période, et stipule que le paiement sera effectué quatre semaines après la fin de la formation.

 La responsable du centre de formation remet par ailleurs à Mohamed O. deux documents, que nous mettons à votre disposition, un ordre de mission établi le 15 Mai 2017 pour HASSI MESSAOUD et un billet d’avion pour la même destination.

 

Arrivé sur place, Mohamed O. est pris en charge à sa descente d’avion par un chauffeur de taxi, en même temps qu’un autre candidat à la session de présentation des prestations de formation prévue.

 

Au niveau des locaux de la SONATRACH, Mohamed O. nous informe avoir utilisé son laptop après l’avoir branché au Datashow, il lance immédiatement le module de formation dans sa spécialité, le secourisme, et devant uniquement deux personnes des services concernés dont il dépend pour ce recrutement souhaité.

 

Tout se passe très bien. Mohamed O. a quand même noté qu’aucune feuille de présence ne lui avait été présentée pour signature, comme il a noté, de son œil expert, que les notes que prenaient les responsables des services SIE et HSE lui étaient favorables, mais aucun double ne lui avait été remis, il avait même été étonné que son nom ne figure pas sur le CV qu’aurait transmis directement à la SONATRACH Yamina H, la responsable de Safety Integrated Solutions.

 

Qu’à cela ne tienne, après un peu plus de 20 minutes, il conclut la présentation qu’il a maintes fois assurée et améliorée au fil des années, satisfaits par les remerciements des deux auditeurs. Il aurait alors posé la question classique de savoir ce que les deux personnes présentes, pensaient de sa présentation et quelles étaient les suites qu’elles entendaient donner à sa prestation.

 

 Corruption pour un emploi

 

‘’Excellent travail, nous vous en félicitons tout est bon, il ne reste plus qu’à régler un détail administratif’’ lui aurait-on répondu. Quelque peu étonné, et pensant que le centre de formation avait omis de remettre quelques documents du dossier administratif, le concernant il questionne :

 

’ Un détail administratif ?’’

 

‘’ Oui, enfin disons, un détail financier et administratif ’’ se serait-il vu répondre.

 

Ne voulant pas admettre la voie sur laquelle voulaient l’amener les deux auditeurs, et devant son silence, on serait alors devenu un peu plus insistant :

 

‘’ On est à SONATRACH ici, Tu sais bien de quels avantages on peut disposer si on y est recruté, les gens sont prêts payer jusqu’à 1 million de Dinars. Dis-toi que tu es privilégié, nous t’en demandons que la moitié de ce qui se pratique !’’

 

L’homme à principe ne donne aucune suite à ces propositions malhonnêtes et indignes. Il ne conçoit pas que dans sa filière, qui appelle à la vigilance et à la sécurité, on puisse accepter d’y faire admettre des personnes sur la base du versement d’une commission occulte en dehors de la compétence et de la probité fondamentales à ces métiers.

Il range son matériel en disant clairement, qu’il n’accepte pas la proposition de versement des 500.000 DA demandés. C’est au tour du deuxième candidat rencontré dans le taxi à l’arrivée à HASSI-MESSAOUD.

 

Cette personne aurait alors présenté un diplôme de Docteur en HSE. Un diplôme qui n’existerait nulle part dans les pays développés, hormis au sein d’une école à DUBAI, l’ARABIAN GLOBAL ACADEMY, qui aurait une représentation délivrant ces titres pompeux à ALGER‘’Le Titre de Docteur en Q HSE n’est pas reconnu par la Fonction Publique Algérienne et n’existe tout simplement pas : en matière « Qualité » le plus haut Diplôme au Monde est Ingéniorat, tandis qu’en matière « HSE » le plus haut Diplôme au Monde est Master’,’ nous affirme une de nos sources.

 

La négociation aurait duré moins de 5 minutes. Pas assez suffisant pour une présentation. Le job est à lui. Selon les informations que nous avons pu recueillir suite à notre enquête, il s’avère qu’en fait une douzaine de personnes se seraient présentées à ce test de sélection. Les deux personnes qui n’avaient pas accepté de payer n’ont, bien évidemment, pas été retenues…

 

Ayant dénoncé ces faits à SONATRACH, puis à la gérante du centre de formation, dans une série de mails dont nous détenons une copie, Mohamed O. s’est vu rétorquer qu’il n’aurait pas été sélectionné parce qu’il n’avait aucune référence OIL and GAS dans son Curriculum Vitae (CV).

 Le CV de Mr OUKACI avait été, en fait, transmis en Février 2017 au centre de formation SAFETY INTEGRATED SOLUTIONSPourquoi l’avoir intégré finalement à cette formation exigeant une expérience OIL and GAS si celle-ci ne figurait pas dans son expérience ?

 

Nous avons pu prendre connaissance du CV de Mr Mohamed O. Il présente une expérience certaine des chantiers OIL and GAS à Roudh Nouss, Hassi Berkine, El Merk… Le CV transmis à SONATRACH aurait-il été ‘’revu’’ en vue de son élimination ?

 

Pourquoi les deux Responsables SIE et HSE de SONAHESS n’ont pas, selon notre source, posé de questions sur le point précis de l’expérience OIL and GAS. Pourquoi se seraient contentés tout de même à suivre le cours de secourisme dispensé par Mohamed O. ?

 

Cette demande de présenter une formation, laissée au libre choix du candidat, puis affirmer, après celle-ci, qu’elle ne répond pas à certains critères non préalablement déclarés, pose un problème d’éthique parce qu’elle revêt une tentative manifeste de manipulation malhonnête.

 

Nous avons appelé la responsable Yamina H. pour avoir son point de vue sur toute cette affaire, la seule chose qu’elle ait su nous apprendre était une menace de nous ester en justice par rapport à notre enquête…

 

Nous ne savons pas combien de personnes ont été écartées parce qu’elles auraient refusé d’accepter le diktat de recruteurs corrompus. Nous ne savons pas non plus, pourquoi ce système s’est installé dans les rouages de la plupart des services administratifs de notre pays.

 

Une chose est sûre, cette pratique met de côté surement de nombreuses compétences et certainement des personnes de valeurs. Il est dommage et très préjudiciable que ces pratiques honnies par les valeurs morales et éloignées de notre éducation s’érigent en règles. A quand une rigoureuse condamnation des actes de corruption ?