Le Maroc ne veut pas se contenter de rafler à l’Algérie les investissements et projets français les plus rentables et séduisants. Il se lance, désormais, dans une nouvelle bataille : convaincre les investisseurs chinois de miser davantage sur l’économie marocaine au lieu de privilégier l’Algérie en Afrique du Nord. 

Et c’est l’objectif affiché de la deuxième édition du forum le China-Africa Investment Forum qui se tiendra les 27 et 28 novembre à Marrakech. Officiellement organisé par la publication Jeune Afrique, les autorités marocaines ont imposé leur agenda et leurs priorités sur ce forum important censé renforcer les investissements chinois en Afrique. 

Et alors que de nombreux acteurs politiques et entrepreneurs africains ont été conviés à Marrakech, aucun décideur algérien n’a été invité à participer aux travaux de ce forum alors que l’Algérie demeure l’un des partenaires stratégiques de la Chine dans le continent africain. Pis encore, le lobbying marocain a imposé dans le programme de ce forum tous les officiels de l’Etat marocain. Ces derniers auront donc à discuter, débattre et échanger avec les décideurs chinois qui se déplaceront massivement à Marrakech.

L’organisation est bien huilée et un plan a été savamment préparé pour que l’Algérie soit écarté des enjeux importants de ce sommet économique. Et pourtant,  parmi les personnalités de premier plan, africaines et chinoises, qui s’exprimeront à Marrakech, nous retrouvons des personnalités chinoises très influentes à l’image de Wang Yong, Vice-Président du China-Africa Development Fund ; Liu Zheng Ming, PDG du Silk Road Fund ; Guo Jiaxue, Fondateur et Président de Topsun Group ; Wei Zhou Qin, Président du Lion Fund, Joseph Choi Kin Hung, Co-PDG de Hsin Chong Group Holdings Limited ou encore Justin Yifu Lin, Directeur et Professeur du China Center for Economic Research.
Le programme a été joliment confectionné pour impliquer tous les ministres marocains dans les tables rondes. Le Maroc est conscient que les investissements français ne lui seront pas suffisants pour appuyer son développement économique. Selon le cabinet McKinsey, les revenus générés en Afrique par les entreprises chinoises pourraient progresser de 144% d’ici à 2025. Le Maroc veut se positionner parmi les premiers bénéficiaires de ces investissements en ouvrant un nouveau chapitre, équilibré et bénéfique pour le partenaire chinois. L’Algérie doit faire très gaffe car si elle se laisse subtiliser les investissements chinois, elle risque de se retrouver dans de beaux draps.

Les chinois devront choisir entre le Maroc et l’Algérie pour implanter leurs investissements stratégiques en Afrique du Nord. Et notre Etat doit renforcer son lobbying pour ne pas perdre cette importante bataille économique qui l’oppose au Maroc. Plusieurs milliards de dollars sont en jeu.