A Alger, une véritable course se déroule en ce moment entre  VFS, BLS, Securidoc et les autres sociétés qui se sont présentées pour reprendre le service de TLScontact, à savoir la gestion et la collecte des dossiers des demandes de visa Schengen de l’ambassade de France.  Qui va gagner le 27 décembre 2017 ?
Pour répondre à cette question, il faut analyser l’appel d’offres lancé par l’ambassade de France et le décortiquer et surtout lire entre les lignes. A la lecture de cet appel d’offres et plus précisément le cahier des charges, force est de constater que l’ambassade de France ne prend aucune mesure et n’impose aucune disposition pour protéger les demandeurs de visa.
L’ambassade demande au nouveau prestataire de mettre à disposition des demandeurs de visa une salle d’attente digne de ce nom avec boissons, chaudes et fraîche, un salon VIP pour quelques dinars de plus et c’est tout.
Est-ce que les demandeurs de visa réclament du café ou de la transparence dans le traitement de leurs demandes ? Telle est à la question fondamentale à laquelle l’ambassade de France devrait répondre et qui sera toujours d’actualité, peu importe le futur prestataire.
GMS, brouilleur et interdiction de prendre des photos 
Quelques lignes plus loin dans ce cahier des charges, l’ambassade demande au prestataire l’installation d’un brouilleur GSM, et aussi l’interdiction de prendre des photos au centre de collecte… L’ambassade de France souhaite par l’insertion de cette clause se prémunir de nouveaux scandales publiés sur les réseaux sociaux.  Ainsi, dans le chapitre 17 du cahier des charges, nous pouvons noter les obligations qu’impose l’ambassade au nouveau prestataire. Des obligations qui concernent notamment la sécurité, lutte contre la fraude et protection des données personnelles.
S’agissant, à titre d’exemple, du contrôle interne, il est demandé au prestataire de services extérieurs de mettre en place un “dispositif de contrôle interne de ses activités et de ses agents. Ce service envoie tous les mois un rapport à l’Administration”. Par ailleurs, la sélection du personnel du futur nouveau prestataire doit se faire sur des critères de compétence et de probité (nécessité d’un casier judiciaire vierge) et le proposer à l’acceptation de l’Administration.
“A cette fin, le Prestataire de services extérieur tient constamment à jour une liste de son personnel employé et en activité. Cette acceptation individuelle des personnels est susceptible d’être retirée à tout moment par l’Administration pendant la durée du contrat sur justification conformément au contrat de prestation de services”, explique l’ambassade de France dans son cahier des charges.
Un règlement intérieur très strict 
La nouvelle réglementation imaginée dans le nouveau centre de traitement des demandes de visas impose la consigne de conserver les téléphones portables des employés et autres équipements de communication durant les heures de travail.
Il est également exigé de veiller à ce que les documents concernant les demandes de visa collectés par ses personnels soient rangés sous clé, lors de la pause-déjeuner, le soir ou durant le nettoyage des bureaux.  Le futur remplaçant de TLScontact doit s’engager  “à prendre toutes les mesures nécessaires pour poursuivre en justice tout membre de son personnel qui s’est rendu coupable de fraude ou d’actes délictueux”.
Au sein du centre, la gestion des déplacements à l’intérieur des locaux devra être gérée par  :
– le port obligatoire d’un badge, de préférence nominatif, mentionnant la qualité de son détenteur (hormis les demandeurs de visa),
– la tenue d’un registre des visites, dans lequel figurent l’identité, les heures d’arrivée et de départ et l’objet de la visite,
C’est dire enfin que la nouvelle réglementation imposée par l’ambassade de France sera stricte et vise essentiellement à restreindre l’utilisation des téléphones portables ou autres appareils permettant des enregistrements photos, vidéo ou sonores
 Donc on comprend bien à la lecture de ce chapitre que la volonté de l’ambassade pour combattre la corruption et la fraude, ne concerne pas les demandeurs de visa en réalité. L’ambassade lutte contre le détournement des droits de visa par TLS ou par le prochain prestataire.
Vers une reconduction de TLScontact ? 
Et qui parmi BLS, VFS , AVS, Securidoc va être capable le 27 décembre 2017, date à laquelle nous connaîtrons le nouveau prestataire, de recruter quelques 500 personnes, obtenir leur casier judiciaire, et les faire valider par l’ambassade pour que le 3 janvier le prestataire sélectionné soit opérationnel pour prendre les rendez-vous ? Personne à part TLScontact car cet opérateur reste le candidat naturel à emporter cet appel d’offre. Pourquoi ? Parce qu’il est déjà opérationnel et demeure le seul équipé pour gérer un nombre élevé de demande de visa (40.000 dossiers par jour en moyenne).
Les autres prestataires comme BLS, VFS ou n’ont pas l’expérience pour gérer un nombre aussi élevé de demandes de visa. Changer de prestataire autre que TLS n’aura que des effets chaotiques sur la collecte des demandes de visas. Déjà BLS et VFS sont touchés par des scandales similaires alors qu’ils collectent 10 fois moins de dossiers que TLS.
D’autres sociétés ont participé à l’appel d’offre comme Aramex, Algeria Visa Services,… au total 15 sociétés ont participé mais inutile d’en parler ici parce qu’elles sont bien plus petites en taille et en capacité de gestion nettement inférieure à des acteurs « poids lourds »  et internationaux comme TLS, VFS, AVS, et BLS.
L’idée de penser que le prochain prestataire aura le marché parce qu’il est proche du pouvoir est totalement écartée car il s’agit de l’ambassade de France et non d’une administration algérienne. Et quand on touche à la caisse de l’ambassade de France, l’affaire devient plus politique et délicate.
En réalité, cet appel d’offres est une manière déguisée pour rompre le contrat précaire liant l’ambassade de France à TLScontact, pour ensuite signer un autre, avec le même prestataire TLS, mais cette fois-ci le contrat confortera l’ambassade dans son business juteux. Ce contrat défendra, tout d’abord, les intérêts financiers de l’ambassade de France. Algériepart reviendra sur ce dossier dans une autre partie de sa grande enquête sur le marché des visas Schengen en Algérie.