Une enquête réalisée par un syndicat autonome des enseignants algériens a décrypté le malaise qui mine profondément ces dernières années notre école. Une école qui va mal en raison de plusieurs paramètres et données ignorées jusque-là par les autorités algériennes et l’opinion publique.

Il faut savoir de prime abord que cette enquête a été menée par la commission de réflexion installée par le syndicat autonome du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Le premier objectif de cette enquête est de comprendre le taux de redoublement et d’abandon scolaires des élèves algériens.

Les données recoupées et collectées par les enseignants du CLA indiquent que  redoublement touche 11% des élèves du primaire en Algérie, 29% des collégiens et 16% des lycéens. Quant au taux d’abandon, il est de 02% dans le cycle primaire, de 07% dans le moyen et de 05% dans le secondaire.

 

Des parents démissionnaires !  

 

L’enquête du CLA explique ces contre-performances pédagogiques par le manque de suivi de l’élève durant son parcours scolaire. Cependant, l’environnement social de l’élève algérien est jugé également “hostile au savoir”. “L’apport important des parents à l’éducation de leurs enfants valorise l’enseignement et l’apprentissage, il aide aussi à l’amélioration du fonctionnement de l’école. Mais en Algérie, la majorité de ces parents ne s’inquiètent pas de l’avenir de leurs enfants, ni de leurs études. En plus de l’environnement social hostile au savoir car la priorité est donnée à la matière et le luxe pendant que le savoir est relégué au dernier rang”, expliquent les enseignants du CLA qui ont réalisé cette précieuse enquête. Il s’agit d’un document très important qui met la lumière sur les véritables dysfonctionnements de notre école.

L’échec scolaire et le redoublement de nos élèves s’expliquent aussi par des facteurs d’ordre matériel. Il s’agit des moyens financiers et des structures pédagogiques alloués au secteur. “En Algérie, malgré le budget [ conséquent ] alloué au secteur de l’Education, deuxième après celui de la Défense, il reste insuffisant car la croissance démographique est plus importante que les infrastructures conçues pour cette population. Ce qui a engendré la surcharge des classes, allant jusqu’à 40 élèves par classe alors que la norme exige 20 élèves [ seulement ] par classe”, relève-t-on encore dans cette enquête.

Des élèves très faibles en mathématiques 

Celle-ci a planché également sur la baisse du niveau scolaire des élèves algériens. Et la conclusion de cette investigation fait froid dans le dos. Et pour cause, le niveau atteint en mathématiques, en langues, en lecture, en TIC et autres matières est tout simplement catastrophique.  Pour preuve, cette enquête menée auprès des enseignants  de mathématiques dans le cycle secondaire fait ressortir que 70% des élèves sont faibles, 20% sont moyens et à peine 10% sont jugés comme bons ! Pis encore, 70% des élèves algériens ne maîtrisent même pas les opérations élémentaires de calculs “puisqu’ils recourent à la calculatrice pour chaque opération”, constate amèrement l’enquête du CLA.

La même enquête conclut que le problème de la surcharge des classes accentue encore plus les lacunes des élèves en mathématiques. Concernant les langues étrangères, la même enquête a révélé que 40% des élèves sont faibles, 35% sont moyens et seulement 25% sont bons. 65 % des enseignants interrogés dans cette enquête impute ces très mauvais résultats aux méthodes d’enseignement inefficaces suivies à l’école primaire. Par ailleurs, les lycéens algériens ne se cultivent pas ! Ils ne lisent presque pas de livres puisque 80% d’entre eux n’ont lu aucun livre ! 10% ont lu moins de cinq livres, 06% ont lu entre cinq et 10 livres et, enfin, 04% ont lu plus de 10 livres. Un pourcentage ridicule. Des chiffres alarmants qui devraient inciter rapidement les responsables du ministère de l’Education nationale à trouver des solutions urgentes car il y va de l’avenir de l’Algérie.