Les révélations de ce qui est désormais appelé le scandale  des “Paradise Papers” n’en finissent pas.  Le Consortium international pour le journalisme d’investigation (en anglais le « International Consortium for Investigative Journalism » ou ICIJ) s’est procuré le contenu de plus de 13 millions de documents concernant plus de 250000 entreprises situées dans 19 paradis fiscaux. Certaines de ces sociétés sont gérées pour le compte de personnalités algériennes qui ne paient pas des impôts et taxes sur cet argent  caché à l’étranger.

La partie de ces documents, consacrée à l’Algérie, cite des noms bien connus des Algériens. Il s’agit de l’ancien Moudjahid Yacef Saâdi, l’ancien ministre Nouredine Aït Laoussine, Réda Bedjaoui, le frère du sulfureux Farid Bedjaoui, et un des enfants de Issad Rebrab, patron de Cevital et homme le plus riche du pays. Mais aucun détail na été donné sur ce dernier.

Le célèbre l’ancien chef militaire de la Zone autonome d’Alger ne détient pas des biens qu’en Algérie. Les informations, révélées par le quotidien Le Soir d’Algérie, le partenaire de l’ICIJ, nous apprennent que le « chef de l’organisation militaire du FLN à Alger de septembre 1955 à septembre 1957, loge une partie de sa fortune aux îles Caïman où il détient un «trust» administré par Appleby dans lequel il est associé avec sa fille Zaphira, une artiste plasticienne résidente aux Etats-Unis. Selon le glossaire financier du journal français Les Echos, la Trust «est une entité juridique constituée par des personnes physiques ou des sociétés qui lui apportent soit des actifs soit des liquidités à charge pour le trust de les gérer en suivant les consignes qui lui ont été données par les créateurs du trust.»

Le concerné n’a pas encore réagi  à ces révélations. Mais Yacef Saâdi, producteur et acteur du film « la bataille d’Alger » a déjà expliqué avoir perçu des droits d’auteurs lors de la diffusion de son film aux Etats-Unis ces dernières années. A cela, il faut ajouter le fait que l’homme perçoit une pension d’ancien moudjahid et possède de nombreuses résidences qu’il loue à Alger. L’ancien combattant réside également aux Etats-Unis.

Pour l’heure, la Banque d’Algérie et le ministère des Finances n’ont pas encore réagi aux révélations de l’opération “Paradise Papers”. Et pourtant, ces deux instances officielles sont habilitées à déclencher des enquêtes approfondies pour identifier les origines de la fortune de Yacef Saâdi cachée dans les paradis fiscaux.