C’est en pleine dualité entre les deux chefs des deux principaux partis du pouvoir que le Président Abdelaziz Bouteflika a décidé d’élargir les prérogatives du Premier ministre. Pour calmer les ardeurs de Djamel Ould-Abbès, le chef de l’Etat en fait un sherpa occasionnel.

Alors que la campagne électorale pour les élections locales bat son plein et contrairement aux rumeurs qui le donnent partant, Ahmed Ouyahia assoit, chaque jour d’avantage, son pouvoir. Il vient de s’adjuger de nouvelles prérogatives dans le domaine de la gestion des capitaux marchands de l’Etat. Cela passe par la possibilité notamment de détenir, à lui seul, la clef de la décision de nomination ou de limogeage des PDG des entreprises publiques. Pour cela, le Premier ministre est passé par le Conseil des participations de l’Etat qu’il préside. Cela n’est qu’un simple rappel de la loi.

Mais la nouveauté est que, selon plusieurs sources concordantes consultées par Algériepart, Ahmed Ouyahia aura à gérer des établissements encore plus sensibles. Ainsi, la Rrésidence de la République donne la possibilité au Premier ministre de gérer directement un organisme comme l’AADL. Il enlève ainsi cette possibilité au ministre de l’Habitat qui pouvait, jusque-là, nommer des responsables de son choix à la tête de cet organisme. Il en est de même pour la gestion de l’établissement de la Grande Mosquée d’Alger qui sera rattaché aux services du Premier ministre. Selon les mêmes sources, toutes charges seront consignées dans un décret présidentiel qui paraîtra prochainement.

Si l’information est confirmée, elle risque de déstabiliser le secrétaire général du FLN, Djamel Ould-Abbès. Ce dernier a pris pour cible, ces derniers temps, le Premier ministre même si le nom d’Ahmed Ouyahia n’a jamais été cité. Pour consoler Ould-Abbès, le chef de l’Etat lui a trouvé un strapontin : être un sherpa occasionnel. La preuve a été donnée par la désignation de l’ancien ministre de la Santé comme représentant au Forum de Russie.