Le visa d’étude pour la France fait rêver des milliers d’étudiants algériens. L’année dernière, pas moins de 80 étudiants algériens ont déposé une demande de visa d’étude pour la France au niveau de Campus France. Or, à peine 3000 à 4000 étudiants algériens décrochent ce précieux visa. 

Rarement, le nombre de ces visas accordés a dépassé les 6000. C’est dire que les études supérieures en France ne sont pas à la portée de tous les jeunes algériens. Mais une fois arrivés sur place, nos étudiants rencontrent une réalité encore plus dure et difficile. Une réalité dessinée par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Un accord qui a été amendé à plusieurs reprises et la dernière modification remonte au 11 juillet 2001.

A cause de cet accord, les étudiants algériens sont exclus de plusieurs privilèges accordés par les autorités françaises à d’autres étudiants issus des autres pays du monde.

A titre d’exemple, l’accès au travail à travers l’APT (Autorisation Provisoire de Travail) est très limité pour l’étudiant algérien. En effet, la législation française sur le travail autorise les étudiants, étrangers notamment, à exercer une activité rémunérée de 964 heures soit 60 % de la durée annuelle du temps de travail, et l’accès à cette activité est rendue possible par l’inscription, sur la carte de séjour, de la simple mention « étudiant ». A l’exception de l’étudiant Algérien qui, lui, doit non seulement travailler 822 heures soit moins de 50 % par an, mais également il est soumis à l’obligation de demander au préalable une autorisation auprès de la direction départementale du travail.

Une véritable exclusion qui explique la détresse sociale frappant de plein fouet de nombreux étudiants algériens établis en France car le nombre d’heures autorisé à l’étudiant algérien ne permet pas forcément de répondre aux conditions de revenues mensuelles (615euros) pour renouveler le titre de séjour.

D’autre part, les étudiants Algériens, quand ils arrivent en France, avec un visa d’une durée de 3 mois, doivent faire une demande de carte de séjour dans les 2 mois suivant leurs dates d’entrée en France, pendant que leurs camarades d’autres nationalités ont des visas d’une année pour la première année en France. Par conséquent, l’étudiant algérien se voit vivre une situation handicapante, où il ne peut ni travailler, ni voyager, jusqu’à la délivrance de son premier titre de séjour.

Enfin, l’étudiant étranger en France, une fois diplômé, a en principe la possibilité de solliciter une autorisation provisoire de séjour qui lui déverrouille l’accès au marché de l’emploi, elle permet ainsi à son détenteur de rester sur le sol français pendant une période de 6 mois renouvelable une seule fois. Or, les étudiants Algériens sont encore une fois exclus de ce dispositif, ce qui les conduit à entamer les recherches d’emploi pendant leur cursus et les mettent dans l’obligation d’intégrer impérativement la vie active avant l’expiration de leur titre de séjour. Toutes ces mesures discriminatoires contraignent les étudiants algériens en France à une véritable misère sociale. Nos dirigeants politiques sont appelés à prendre conscience de ce problème pour réformer cet accord de 1968 qui ne correspond plus aux besoins des Algériens.