La vie et le parcours “héroïque” de Djamel Ould Abbès, l’actuel patron du FLN, suscitent plus que jamais les suspicions et soulèvent de nombreuses questions. 

l’économiste et intellectuel Ferhat Aït Ali a planché sur cette question. Sur sa page Facebook, il a décortiqué des documents et recoupé plusieurs sources. “Manifestement, Djamel Ould Abbes a bien effectué des études de médecine à l’université où il affirme avoir été. Il en est sorti diplômé en 1964 et c’est l’ambassade d’Allemagne qui l’affirme”, reconnaît d’emblée Ferhat Ait Ali. 

Les recherches menées par cet éminent économiste consulté par les médias algériens dans plusieurs dossiers économiques ont confirmé que Djamel Ould Abbès était inscrit dans une  université communiste en Allemagne de l’est de 1957 à 1964. “Les archives du Neus Deustchland, organe du parti communiste allemand” confirment encore ces informations.

Cependant, dans “le Film de la vie de Djamel Ould Abbès”, il y a un “lézard”, à savoir un problème, “et il est de taille”, fait remarquer Ferhat Aït Ali. Et pour cause, il se trouve qu’au moment où Djamel Ould Abbès était censé se trouver en Allemagne de l’est pour étudier, son nom figure dans un autre document où il est condamné à mort par la justice coloniale française comme le démontre un rapport de synthèse datant du 18 décembre 1959.

“Ce monsieur a effectivement été condamné à mort par le tribunal des forces armées de Tlemcen, pour attentats à la grenade commis entre janvier et juin 1957”, assure à ce sujet Ferhat Ait Ali. “Mais il n’est pas cité en fuite, ou par contumace, mais comme présent à l’audience et de ce fait emprisonné”, ajoute encore le même interlocuteur qui dresse ce constat étonnant auquel Djamel Ould Abbès devra vraiment répondre : “Je ne comprends pas comment quelqu’un qui était présent à une audience de condamnation à mort le 18 décembre 1959, à Tlemcen, pouvait entamer et continuer des études de médecine en Allemagne de 1957 à 1964”.

Logiquement, une personne, arrêtée et condamnée à mort ne peut se rendre, en même temps, en Allemagne de l’est pour faire des études de médecine. Ce détail troublant relance les suspicions sur le parcours et la vie de Djamel Ould Abbès. Le premier secrétaire général du FLN est soupçonné affabulation. Ce qui constitue un grave manquement à la morale politique.