Pendant que les hautes autorités du pays veulent faire croire à l’existence d’un Etat de droit, la réalité démontre, chaque jour d’avantage, que notre pays est loin de ce rêve. C’est le cas de ce citoyen de la ville d’Oran, propriétaire d’un local commercial situé au boulevard Larbi-Ben M’hidi.

En 2013, l’homme a loué ce local pour un particulier qui voulait en faire un « restaurant-Pizzeria ». Le locataire est un activiste politique, militant du FLN. Au fil des mois, l’home qui exploite le local, se permet des « modifications ». Profitant sans doute de ses bras longs, il obtient la classification « 3 » et le restaurant-pizzeria est devenu « restaurant touristique ». Il sert donc de l’alcool. Les riverains ont alors alerté le propriétaire. Ce dernier saisit la justice. Le locataire est condamné pour «changement d’activité sans autorisation ». Il se pourvoit en cassation. Il perd à nouveau le procès. La justice a tranché : le propriétaire doit récupérer son bien. Un huissier de justice, accompagné de la force publique, est envoyé sur place pour « procéder à la fermeture du local ».

Entre temps, le locataire a été élu député FLN lors des élections législatives de mai dernier. Il appuie sur le bouton. Le document remis par l’huissier de justice et la décision « prise au nom du peuple algérien » par la Cours d’Oran ont été annulée par “un appel téléphonique du Procureur” de la République. Ce dernier indique, nous apprend ce jeudi le quotidien arabophone El-Khabar, que le condamné « bénéficie de l’immunité parlementaire ». Une protection qui ne s’étend pourtant pas aux questions commerciales. Mais, c’est connu, le téléphone fait, chez nous, des miracles que même la justice ordinaire ne peut accomplir !