Alors que l’événement est en train de tirer à sa fin, le Salon international du Livre d’Alger (SILA) fait de nouveau parler de lui.

Des écrivains crient, de nouveau à la censure. C’est le cas du jeune écrivain arabophone Anouar Rahmani qui raconte que «la direction du Sila envoie les flics au stand de la maison d’édition Dar El Mouthaqqaf pour saisir tous les exemplaires du roman “Halouassat Djibril” (chuchotements de Gabriel) ». Le jeune écrivain a déjà eu des démêlés avec la justice à cause notamment “d’écrits jugés blasphématoires sur sa page Facebook”. Il s’agit en fait d’extraits de ses romans, qui portent sur la religion, l’amour.

Anouar Rahmani n’est pas le seul à se plaindre de la censure de la direction du SILA. L’homme politique, Sofiane Djilali a dénoncé, lui aussi, l’interdiction dont a fait l’objet son dernier livre. Intitulé Choc de la modernité, crise des valeurs et des croyances, le livre de Sofiane Djilali a été édité aux éditions de son parti, Jil Jadid (Nouvelle génération). Il s’agit, selon des comptes-rendus, que d’un simple essai sur les contradictions de la société algérienne.

Avant même son lancement, le SILA a fait parler de lui. Deux universitaires, le sociologue Aïssa Kadri et l’historien Daho Djerbal ont été déprogrammés pour une conférence qui devait se tenir le 1er novembre autour de la lutte anti-coloniale. Les autorités reprochent aux deux intellectuels une tribune publiée dans la presse le 07 septembre dernier dans laquelle ils appellent à une élection présidentielle anticipée.

Officiellement, plus de 90 ouvrages ont été interdits de ce salon. Il s’agit notamment de livres au contenu intégriste.