Jour après jour, le gouvernement donne les ingrédients d’un pays pratiquement ingérable. S’il ne l’ pas dit clairement crûment jusque-là, il confirme désormais que s’il ne revoit pas la politique des subventions, c’est parce qu’il n’a pas de données fiables sur le nombre de nécessiteux qui vivent dans le pays.

Selon Lamine Osmani, chef du groupe parlementaire des indépendants, reçu dimanche en fin de journée par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia a avoué que ses services «ne peuvent pas savoir le nombre exact de pauvres » qui nécessitent donc une aide directe de l’Etat. Selon le Premier ministre, la situation actuelle de l’administration ne permet pas aux autorités de connaître les vrais nécessiteux. Surtout que beaucoup d’indus « pauvres » s’inscrivent dans les services sociaux des communes.

Cette méconnaissance de la réalité sociale des Algériens est également caractérisée par l’anarchie que connaît le secteur du logement. « Le ministère de l’Habitat a commencé à faire un effort avec le fichier national du logement. C’est difficile, mais il faut un début à tout », a estimé Ahmed Ouyahia, selon les propos rapportés par Lamine Osmani.

Cette impossibilité d’adopter, dans l’immédiat, une politique de ciblage des subventions de l’Etat, n’a pas empêché le gouvernement d’entamer la procédure même timidement. Ainsi, le premier ministre a rappelé à ses invités que le gouvernement a déjà commencé à augmenter « légèrement » les prix des carburants. Mais les autorités se sont fixées « un seuil à ne pas franchir », a-t-il indiqué.

Le ministre des Finances a récemment affirmé que les autorités vont commencer à appliquer le ciblage des subventions dès 2019. Mais cela commencera par des wilayas pilotes. La généralisation de cette pratique, qui va se caractérisée notamment par des aides financières directes qui seront données aux pauvres, prendra encore des années !