Pas moins de 74 livres ont été censurés et interdits au Salon International du Livre d’Alger (SILA). Mais le coordinateur du SILA n’y voit aucune censure mais plutôt une mesure de prévention contre des livres religieux tendancieux, a-t-il révélé ce jeudi sur les ondes de la Chaîne III. 

“Tous les salons, de part le monde, recourent à ce type de mesure”, a précisé Mohamed Iguerb coordinateur du Salon, lors de l’émission l’Invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio Algérienne. Ce dernier a qualifié d’”infime” le nombre (74) de titres concernés par l’interdiction, comparé aux 264.000 livres exposés dont 184.000 étrangers.

Le coordinateur du SILA a reconnu, néanmoins, que le secteur du livre en Algérie est touché de plein fouet par la crise. Si la régression du nombre des lecteurs est souvent citée parmi les raisons du recul que connait le secteur, l’invité explique qu’il y a d’autres facteurs majeurs comme “l’augmentation de la TVA, que se soit sur la vente direct du livre mais aussi celle du papier destiné à l’impression. Ajoutant à cela, la faiblesse criarde du réseau de distribution. Hélas, l’Algérie, regrettera-t-il, ne dispose d’une plate forme de logistique de distribution qui permet de faire parvenir le livre dans les quatre points du pays”.

Iguerb fonde enfin beaucoup d’espoir sur la loi sur le livre, dont les textes seront incessamment promulgués, pour alléger un peut les problèmes dont soufre le secteur de l’édition. Il voit dans cette loi plusieurs aspects positifs, notamment “ce qui a trait au statut de l’éditeur, qui était depuis des années considéré comme un prestataire et qui avec cette loi devient un éditeur, donc un producteur en sens propre du terme”, s’est-il réjoui en dernier lieu.