Le célèbre écrivain Boualem Sansal a critiqué au vitriol la société algérienne pour expliquer ses faiblesses et sa passivité face à l’actuel régime politique qu’il qualifie de “totalitaire”. 

“C’est simple, Montesquieu nous l’a expliqué en un mot : «Les peuples ont les dirigeants qu’ils Méritent.» Ne cherchez pas plus loin. Le jour où le peuple se comportera en souverain éclairé, il se donnera des dirigeants éclairés. Là, nous sommes au plus bas, nous avons Big Ubu, et le peuple, très majoritairement, est prêt à lui donner quatre autres mandats, même à titre posthume”, a expliqué ainsi Boualem Sansal dans un long entretien publié ce jeudi dans les colonnes du quotidien El Watan.

L’écrivain algérien qui rencontre un grand succès à l’étranger où ses romans font fureur à l’image de Harraga ou le Village de l’Allemand a estimé également que l’Algérie d’aujourd’hui est sur le plan politique un “mix de Big Brother, autocrate d’un empire zombi, et d’un autre phénomène de la mascarade humaine, le roi Ubu d’Alfred Jarry, qui se nourrit de complots et de prédations”.

Boualem Sansal qui a remporté de nombreux prix à l’étranger comme le Grand prix de la francophonie de l’Académie française en 2013 a déploré la mainmise de l’islamisme sur les esprits dans la société algérienne.  “Le gouvernement exagérait-il lorsqu’il se déclarait en guerre contre l’islamisme et décrétait l’état d’urgence ? Je pense qu’il a tardé à le faire, le feu a pris, maintenant il doit dépenser des millions d’euros par jour pour seulement limiter les dégâts”, a-t-il affirmé en insistant sur les dangers qui guettent la société algérienne à cause de l’idéologie islamiste.