Je m’appelle Jennifer, je suis française, j’ai 33 ans. J’ai rencontré le père de mon enfant, Jamel MAHDI en 2006, il est né en France, il bénéficie de la double nationalité. Jamel n’était pas pratiquant, nous n’étions pas mariés ni civilement ni religieusement.

 

Nous nous sommes connus par le biais d’un couple d’amis en commun, j’avais 21 ans. Il y avait des hauts et des bas dans notre relation, je passais facilement l’éponge sur des actes inacceptables, mais j’étais jeune et très amoureuse… De cette relation est né Rhani le 22 août  2009, je suis devenue la maman d’un petit ange qui me comblait d’amour.  En  France, la loi permet au père de reconnaître l’enfant né hors mariage, ce qui est différent en Algérie.

Jamel a changé à la naissance de Rhani. Il a commencé à devenir pratiquant, j’étais très contente car il s’était beaucoup assagi : il sortait moins, ne fumait plus et ne buvait plus d’alcool. Mais le bonheur fût de courte durée puisque il est devenu de plus en plus extrémiste dans sa pratique de la religion : plus de musique, de photos, tout était interdit.  Il a changé physiquement :  barbe et tenue vestimentaire, il est même parti plusieurs mois en Égypte dans une école où je n’ai jamais su ce qu’il faisait.

Un jour, le 8 juin 2012, alors que Rhani avait 2 ans et 10 mois, il a profité de mon absence au domicile pour l’emmener en Algérie.  J’ai découvert par la suite qu’il avait préparé ce coup depuis 18 mois : il avait réussi à mettre l’enfant sur son passeport Algérien au consulat, ce qui est interdit puisque il n’y a pas de mariage entre les deux parties.

En cherchant dans les papiers à la maison, j’ai même découvert un passé horrible sur l’homme avec qui je partageais ma vie depuis presque 7 ans : il avait fait 3 ans de prison pour avoir tiré sur quelqu’un en 2002 ! Il était aussi impliqué dans une affaire d’assassinat ! J’ai été choquée et bouleversée mais je me suis battue pour mon bébé.
Depuis ce drame, j’ai effectué toutes les démarches légales : En France, j’ai obtenu la garde exclusive de mon fils, le tribunal correctionnel a condamné Jamal à 2 ans de prison fermes pour soustraction d’enfant en dehors du territoire. Le même tribunal a émis un mandat d’arrêt international. Ensuite, après un an de recherches,  j’ai trouvé son adresse en Algérie (Ain Abid, wilaya de Constantine).
Il habitait chez son père : Brahim MAHDI. Je suis venue immédiatement en Algérie pour engager la procédure, mon voyage a duré 2 longues années. J’ai pu revoir Rhani en présence de Jamel car j’avais obtenu un droit de visite de 3h chaque vendredi et chaque samedi. Un droit qu’il ne respectait pas toujours.  Il a, d’ailleurs, était condamné à 6 mois de sursis.
Apres un long combat, la justice Algérienne a ordonné par arrêt de la cour de Constantine :  la remise de l’enfant à sa mère, la décision précise que Jamel est étranger vis-à-vis de l’enfant car il n’y a pas de mariage légal, il n’a aucun droit sur l’enfant.

Avant l’arrêt, j’avais obtenu une ordonnance provisoire en attendant la décision définitive, il devait remettre l’enfant immédiatement, la décision lui a été signifiée en mains propres par huissier le 24 avril 2014, il a refusé de l’exécuter.

Depuis ce jour, il est en fuite avec l’enfant et son épouse Rachida MAHDI née MAHDI, elle est originaire de Ain Abid aussi, il s’agit de sa cousine avec laquelle il aurait eu un enfant.

Pour ces faits, il a été condamné à deux ans de prison en Algérie et un mandat d’arrêt national a été émis. Il a écopé aussi de 2 ans de prison pour coups et blessures à mon égard car il m’a frappé lors d’un droit de visite le 4 avril 2014.

L’affaire est traitée actuellement par un juge d’instruction à El Khroub où il est mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineur. Un deuxième mandat a été émis dans ce cadre, Rachida, sa femme a aussi un mandat d’arrêt pour complicité.

La police le recherche mais jusqu’à présent les recherches sont infructueuses. Cela fait 3 années et 6 mois de cavale.  Dans ces conditions, j’ai décidé de parler de mon histoire, je veux retrouver mon enfant et le serrer dans mes bras, je souffre chaque jour, je vis un enfer. Je suis inquiète pour Rhani.

Je veux vous dire enfin que je me suis convertie à l’Islam en Algérie en 2014 et j’ai découvert que Jamel ne représentait pas du tout l’Islam. Religion de paix et de tolérance.

Jennifer PRINZ, la maman de Rhani