Cherté des billets, des villes et des régions mal-desservies, des aéroports encore vétustes, et comme tout cela ne suffisait pas, des grèves récurrentes viennent ébranler le très fragile secteur du transport aérien en Algérie. 

Mardi matin, ce sont les 120 ingénieurs et techniciens de maintenance de Tassili Airlines qui ont entamé à partir de 5 H du matin un mouvement de protestation qui a duré jusqu’à 10 H. Tous les vols du matin à l’intérieur du pays notamment au sud du pays (Hassi Messaoud ou Hassi R’mel) ont été retardés de près de 5 heures. La direction générale de la compagnie aérienne filiale de Sonatrach est intervenue rapidement pour calmer la colère des grévistes.

Dés 9 H 30, une plateforme de négociations a été mise en place avec les travailleurs qui réclament leur reclassement professionnel et des augmentations de salaires. Mais si Tassili Airlines s’en est sortie à la dernière minute en évitant un conflit compliqué qui aurait pu déboucher sur une grève désastreuse pour la compagnie, à Air Algérie c’est l’inverse qui s’est produit.

Une grève surprise démarre mardi soir et se propage rapidement à tous les aéroports du pays. Les techniciens et ingénieurs de maintenance d’Air Algérie montent également au créneau et crient leur colère face à la stagnation de leurs salaires alors que la convention collective de la compagnie leur permet d’espérer d’être beaucoup mieux payés.

Désarmée, la direction générale d’Air Algérie recourt à la justice pour proclamer l’illégalité de la grève. Une attitude qui ne va rien arranger à la situation puisque la grève est illimitée et les travailleurs ne veulent pas céder à la pression.

Ces perturbations interviennent au moment où des réformes sont attendues depuis 2015 dans le secteur aérien. Depuis cette année-là, les autorités promettent aux algériens une libéralisation du ciel. “Une série de procédures comprenant, entre autres, un nouveau cahier  des charges devant régir l’entrée des compagnies nationales et sécuriser l’ouverture  de l’espace aérien, est en cours d’élaboration au niveau du ministère”, avait promis à l’époque  Amar Ghoul qui fut ministre des Transports.

De nombreux investisseurs privés ont fait part de leur volonté de pénétrer le marché du transport aérien préconisant de commercialiser des dessertes lucratives à l’intérieur du pays afin de pallier aux problèmes des deux compagnies publiques, Air Algérie et Tassili Airlines. Mais jusqu’à aujourd’hui, ces promesses tardent à se concrétiser.