A Sidi Bel-Abbès, à l’ouest du pays, le concours de résidanat en médecine de la session d’octobre 2017 a tourné au scandale provoquant ainsi une large mobilisation des étudiants qui ont dénoncé une manipulation des résultats de ce concours pour privilégier les enfants des notables de la région et des professeurs influents de la faculté de médecine «Taleb-Mourad» de l’université de Sidi Bel-Abbès. 

Les étudiants de cette faculté ont fait parvenir à Algériepart des documents démontrant les agissements illégaux de l’administration universitaire. Les étudiants protestataires ont même adressé une lettre ouverte au Premier-Ministre pour lui exposer les tenants et aboutissants de ce scandale. Document à l’appui, les étudiants de la faculté de médecine de Sidi Bel-Abbès ont dénoncé les manoeuvres de l’administration qu’ils accusent de tricher en modifiant l’arrêté interministériel du 08 octobre 2017 Portant Ouverture des Postes de Résidanat Session Octobre 2017 qui a été publié après les résultats des examens de 14/10/2017.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’un tel scandale éclat à l’université de Sidi Bel-Abbès. En 2013, “la triche” dans un examen important qui donne accès à une formation de médecins spécialistes avait également suscité la colère des étudiants. A l’époque, des notes de plus de 19 /20 avaient été obtenues par des candidats et des noms qui coïncidaient avec ceux de profs en médecine au CHU de Bel-Abbès et de certains riches notables de la ville. La crédibilité et l’impartialité des responsables de cet examen ont été sérieusement entachées.

Et comme en 2013, cette année les étudiants ont dénoncé des magouilles consistant à choisir une collection de questionnaire à choix multiples  “QCM” destinée pour une catégorie de candidats ciblés d’avance. Informés au préalable sur les banques de QCM ou des versions modifiées de celles-ci, les candidats pistonnés réussissent ainsi à obtenir des notes excellentes qui défient l’imaginaire.

En 2013, les étudiants qui avait bravé la loi du silence pour dénoncer les notes falsifiées ont été menacés d’interdiction de passer cet examen durant 5 ans. Cette année, les autorités vont-elles enfin tendre une oreille attentive aux étudiants en colère pour diligenter une enquêter sur ces pratiques douteuses qui faussent entièrement la formation médicale dans notre pays ?