Un incident politique a ébranlé récemment le haut commandement de la gendarmerie algérienne. Et tout a commencé lorsque le numéro 2 de ce corps de sécurité a rendu visite au général Toufik, l’ex-patron emblématique du DRS, les services de renseignement algériens. 

Il y a de cela deux semaines, le général Amar Bahlouli, le numéro deux de la gendarmerie nationale, a rendu une visite très secrète au général Toufik. “Le général Amar Bahlouli, rendait visite discrètement, dissimulé à l’arrière d’un 4/4, à l’ancien chef du DRS. Au menu de cette rencontre qui aurait du rester secrète, on notait essentiellement, nous expliquent nos sources à Alger, le dossier des achats d’armes à l’étranger ainsi que les perspectives ouvertes par la prochaine succession du président Bouteflika”, révèle à ce sujet Mondafrique, un média généralement très bien renseigné et dirigé par le journaliste d’investigation Nicolas Beau, un ancien du célèbre Canard Enchaîné.

“A l’origine de ces discrets conciliabules, se trouvaient deux autres gradés, les généraux Ben Daoud et Abdelmalek, représentants successifs des services secrets algériens à Paris sous le rêgne de Toufik”, explique la même source selon laquelle  la visite du chef de l’Etat Major de la gendarmerie chez Toufik “ne demeura pas secrète”.

Le chef d’Etat Major et vice président de la Défense, Gaïd Salah, ainsi que la présidence algérienne ont été alertées et le verdict fut immédiat puisque le général Amar Bahlouli a été “sommé de donner sa démission”.

“Dans la foulée, le supérieur du général Bahlouli et commandant en chef de la gendarmerie, le général major Nouba Menad a offert, lui aussi, de quitter ses fonctions. Ce qui lui a été refusé par Gaïd Salah, l’homme fort de l’armée algérienne qui est parvenu à faire ainsi du chef de la gendarmerie un de ses obligés”, note enfin Mondafrique qui donne ainsi les raisons pour lesquelles le général Ghali Belkecir a été installé au poste de chef d’état-major du commandement de la Gendarmerie nationale, en remplacement du général-major Ammar Bahlouli, qui fut sévèrement sanctionné pour sa “relation dangereuse” avec le général Toufik. Une proximité qui gêne énormément le général-major Ahmed Gaïd Salah.

Rappelons enfin que durant sa carrière, le général Bahlouli n’a cessé de sillonner toute l’étendue du territoire Est du pays. Il fut notamment le chef du 5e commandement régional de Constantine (décembre 2012-juillet 2015) avant d’être nommé inspecteur général de la Gendarmerie nationale en juillet 2015.