En France, plusieurs des militants d’ultra-droite arrêtés mardi ont confirmé en garde à vue que des cibles avaient été envisagées en représailles contre des terroristes islamistes. Huit d’entre eux sont présentés à un juge ce samedi.

Les huit militants de l’ultra droite, dont trois mineurs, placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » ont été déférés ce samedi matin pour être présentés à un juge. Les huit protagonistes étaient en lien avec Logan Alexandre Nisin, soupçonné d’avoir projeté un attentat contre des hommes politiques et la mosquée de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et interpellé le 28 juin dernier par les gendarmes de la SR de Marseille avant d’être écroué.

Au total dix personnes avaient été arrêtées par les policiers de la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (Sdat), en co-saisine avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans le sud-est de la France et en région parisienne. Deux d’entre-elles ont été remises en liberté, dont la mère de Lugan Nisin. Le parquet requiert le placement sous mandat de dépôt de sept des mis en cause et le placement sous contrôle judiciaire du huitième. Deux d’entre elles sont aussi déférées pour vol en relation avec une entreprise terroriste. Un vol de voiture commis le 21 juin 2017 avec Logan Nisin. Tous les protagonistes sont soupçonnés d’appartenir au groupe OAS, nom donné en référence au sigle de l’Organisation de l’armée secrète, responsable d’une campagne sanglante contre l’indépendance de l’Algérie au début des années 1960.

Selon nos informations, plusieurs des militants ont confirmé en garde à vue que des cibles avaient été envisagées en représailles contre des terroristes islamistes. Le groupe avait pour projet, avant l’interpellation de Lorgan Nisin, de commettre des actions violentes aux contours imprécis. Plusieurs cibles étaient envisagées : lieux de cultes, hommes politiques, personnes d’origine nord-africaine ou africaine, militants antifascistes…

L’organisation prévoyait des achats d’armes et cherchait à effectuer des entraînements militaires. Certains s’étaient déjà entraînés au tir. Néanmoins les armes longues et pistolets retrouvées lors des perquisitions étaient détenues légalement.

Par ailleurs, certains des gardés à vue ont affirmé qu’ils avaient envisagé des actions de racket contre des chefs d’entreprise -sans critère communautaire- pour financer l’organisation et l’achat d’armes. Un véhicule avait été dérobé dans ce but.

D’abord soupçonné d’apologie du terrorisme pour avoir rendu hommage sur son compte facebook à Anders Behring Breivik, l’auteur d’une tuerie qui a fait 77 morts en Norvège en 2011.

Logan Alexandre Nisin, avait évoqué lors de sa garde à vue en juin dernier le projet de s’en prendre à Christophe Castaner, personnalité de la région (ancien maire de Forcalquier) et Jean-Luc Mélenchon, à l’occasion semble-t-il de son meeting à Marseille. Selon une source proche du dossier, depuis l’échec des Insoumis à l’élection présidentielle, l’idée de s’en prendre à ce dernier avait été abandonné.

« Sans nier la réalité des faits reprochés, on était plus dans la provocation, par défaut de moyens et de volonté d’aller jusqu’au bout, que dans des véritables projets d’attentat. Il s’agit de conversations sur internet avec la volonté d’un gamin de 21 ans de faire le buzz », a expliqué à l’AFP son avocat, Me Eric Bourlion.

Source : Le Parisien