Face à la chute continuelle de la valeur du Dinar algérien, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, vient de faire une promesse qui semble irréaliste. A entendre ce ministre, en 2018, le dollar américain ne dépassera pas les 115 Da. 

C’est, en tout cas, sur cette prévision que table le projet de loi de finances pour 2018. Abderrahmane Raouya veut donc faire croire aux Algériens que les autorités vont maîtriser la valeur dinar et sa dévaluation, entraînée par la planche à billets, sera contrôlée et limitée. Notons que, pour l’heure, un dollar américain équivaut à 114 Da.

“Le dinar va bien, au niveau de la Banque d’Algérie, on maintient notre monnaie nationale et c’est primordial (…) Je vous rassure, que le projet de loi de finances pour 2018 table en prévision, sur un maximum de 115 dinars pour un dollar, sur une prévision de trois (3) ans, donc jusqu’en 2020”, a promis le ministre des finances en réponse aux préoccupations des entrepreneurs lors de la 3e édition de l’Université d’été du FCE.

Ces prévisions optimistes ne semblent, malheureusement, pas fondées car la valeur dinar dépendra de plusieurs paramètres que les autorités algériennes ne semblent pas pouvoir contrôler.

Il faut savoir qu’un facteur joue un rôle important dans la formation de la valeur d’une monnaie : le niveau des taux d’intérêt – qu’on appelle couramment le “loyer de l’argent”. Si un pays offre des taux d’intérêt élevés, les placements dans cette monnaie sont rémunérateurs pour les investisseurs internationaux, et donc toutes choses égales par ailleurs, cela soutient le cours de la monnaie. Or, l’Algérie ne draîne pas beaucoup les investissements étrangers et sa monnaie n’est toujours pas convertible.

La valeur d’une monnaie repose aussi sur la confiance que l’on accorde à un pays, sur l’importance de sa richesse, sa stabilité, sa croissance économique et sa puissance stratégique. Si un pays a, par exemple, de forts déficits commerciaux (flux de marchandises) et/ou de sa balance des paiements (flux de capitaux), cela pèse sur la valeur de sa monnaie, qui, normalement, se déprécie. Avec la baisse continuelle des prix du baril de pétrole et une production industrielle quasi nulle, l’Algérie est exactement dans cette situation où elle ne peut éviter la dépréciation de sa monnaie. C’est pour toutes ces raisons que l’annonce de notre ministre des finances peut sembler très fantaisiste.