C’est un véritable scandale qui ébranle le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bab El Oued – Hôpital Lamine Debaghine. En 2009, la direction de cet hôpital public s’est offert un scanner hyper-sophistiqué pour une “modique” somme dépassant les 3 millions de dollars. 

Le scanner en question est un Toshiba Aquilion One appelé dans le jargon médical le 320 coupes. A cette époque-là, ce scanner faisait partie des 7 prototypes mondiaux lancés par le fabricant japonais Toshiba. C’est un matériel hyper-moderne destiné essentiellement à la recherche et dont la maîtrise exigeait depuis son lancement une véritable formation et des compétences pointues. Les autorités algériennes décident de s’offrir ce scanner de prestige pour l’installer au service de Radiologie du CHU Bab El-Oued dirigé à cette époque-là par le le professeur Boudjemaâ Mansouri.  Il faut dire que cette acquisition a fait grincer les dents des spécialistes car beaucoup d’entre eux estimaient que ce scanner sophistiqué ne correspond pas réellement aux besoins du secteur de la santé en Algérie.

Très moderne et très cher, la maintenance de cet appareil va s’avérer très coûteuse. Et au lieu d’examiner entre 20 et 30 patients par jour comme l’indique son mode d’emploi, ce scanner n’a pu être exploité que pour 5 à 10 patients par jour. Et après quelques années de son installation, les pannes s’enchaînent et ce scanner n’est plus exploité à bon escient.

Frappé de plein fouet par la crise financière et les baisses drastiques des budgets, le CHU de Bab El-Oud ne peut plus financer les opérations de maintenance de ce scanner payé rubis sur l’ongle par les deniers publics.

Aurès Medical, le représentant de Toshiba en Algérie, est régulièrement sollicité pour effectuer les travaux de maintenance. Mais l’hôpital de Bab El-Oued ne s’acquitte pas de ses factures et ne paie pas les honoraires de cet opérateur privé. Il faut dire que pour réparer une seule panne de ce scanner, il faudra débourser au moins 1 milliard de centimes…

8 ans après l’acquisition de ce scanner hyper-sophistiqué, les patients du CHU Bab El-Oued ne trouvent toujours pas où passer leurs examens en imagerie médicale. Les 4 scanners dont dispose Hôpital Lamine Debaghine tombent régulièrement en panne. Quant au Toshiba prestigieux, il ne fonctionne plus.  Et l’Etat a perdu bêtement plus de 3 millions de dollars. Un véritable gâchis financier et un scandale de mauvaise gestion.