En Algérie, le pouvoir n’est pas détenu par une poignée de personnes très puissantes. Au contraire, le régime algérien repose sur un “appareil de centaines de milliers d’acteurs”, a confié à ce propos Sid Ahmed Ghozali, l’ancien chef du gouvernement au début des années 90 et fin connaisseur du système politique algérien. 

Dans un entretien accordé à l’édition africaine du magazine français le Point, Sid Ahmed Ghozali a fait remarquer que “je ne crois pas non plus que ce sont les militaires qui dirigent le pays. J’ai conscience que ce que je dis va à contre-courant de la thèse communément admise”.

“Par ailleurs je ne peux pas croire qu’un ou deux ou trois hommes si proches soient-ils du président, si haut placés soient-ils dans l’oligarchie, puissent peser lourd face à un système qui s’est intronisé, sédimenté, ramifié, sur plusieurs décennies, en un appareil de centaines de milliers d’acteurs”, analyse-t-il encore au sujet du rôle que doit jouer l’armée dans le processus de changement en Algérie.

“Poser la question de cette manière laisse déjà entendre que l’armée pourrait jouer le rôle d’arbitre. Certains porte-parole de l’institution n’arrêtent pas de dénier le plus officiellement du monde toute implication de l’armée dans la politique. L’armée n’aurait donc été pour rien dans l’arrêt du processus électoral de 1992 ? Pour rien dans la désignation des chefs de gouvernement, des ministres, des ambassadeurs des Walis et autres multitudes d’agents et de fonctionnaires, de la base au plus haut sommet de la pyramide ? Bien sûr que non”, relève-t-il en dernier lieu.