Depuis le début du mois de juin 2016, il préside aux destinées de la Banque d’Algérie. Et pendant toute cette période, Mohamed Loukal est l’homme qui gère l’une des situations financières les plus compliquées de l’histoire de l’Algérie. 

Il est le premier sur le front. Il est celui qui doit affronter en premier le choc externe que subit notre depuis depuis 2014 avec l’effondrement progressif des prix du baril de pétrole. Et pour faire face à cette situation inédite, Mohamed Loukal a adopté une feuille de route qui diverge totalement avec celle de son prédécesseur, Mohamed Laksaci.

Le défi à relever pour Mohamed Loukal est dés le départ immense : comment trouver les ressources financières pour faire fonctionner l’économie algérienne dans un contexte où les liquidités commencent à manquer cruellement dans les caisses.

En sa qualité de nouveau gouvernement, Mohamed Loukal a imposé rapidement son style en adoptant des décisions très rapides qui touchent directement les fondamentaux de la Banque d’Algérie avec pour but d’aboutir à une meilleure résilience aux chocs extérieures.

Et pour commencer, Mohamed Loukal a procédé au renforcement du capital de la Banque d’Algérie qui a été porté de 300 milliards de Da à 500 milliards de Da. Ensuite, il décide de conforter les réserves et les provisions en couverture de risques latents.

Avec ces deux nouvelles mesures, la Banque d’Algérie peut donner un soutien actif au budget de l’Etat en fort déséquilibre. Elle procède aux versements annuels de dividendes substantiels sans rapport avec les résultats antérieurs.

Le deuxième chantier de Mohamed Loukal fut la stabilisation du dinar algérien  après une longue une série de dépréciation. Cette stabilisation qui a  duré prés d’une année, entre juin 2016 et juin 2017,  de la monnaie nationale a été concomitante avec la mise en oeuvre par le gouvernement du plan de consolidation budgétaire s’étalant de 2017 à 2019.

En interne, Mohamed Loukal réorganise la Banque d’Algérie et rationalise les charges de manière rigoureuse. Une réduction drastique du nombre des “conseillers” et de “consultants” rattachés gouvernorat de la Banque d’Algérie. Auparavant, la Banque d’Algérie disposait d’au moins 20 conseillers.

Poursuivant sa politique de rationalisation et son réorganisation, Mohamed Loukal met fin à la “pléthore” des missions et séminaires à l’étranger qui ne s’inscrivent pas dans les perspectives de son plan de formation. Mohamed Loukal va rentabiliser au maximum son expérience à la tête de la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) pendant de nombreuses années. Il s’agit, tout de même, de la plus importante banque publique en Algérie.

Selon nos investigations, le gouverneur de la Banque d’Algérie ambitionne enfin d’apporter du professionnalisme à l’institution qui doit aujourd’hui trouver des mécanismes novateurs de financement de l’économie algérienne.