Elle fait rêver, mais elle va à vau-l’eau : l’Agence nationale de l’aide et au développement du Logement (AADL) vit dans une instabilité chronique, alors que des dizaines de milliers d’Algériens qui ont souscrit à un logement location-vente attendent la réalisation de leur rêve.

Comme il fallait l’attendre, un nouveau dirigeant est désigné à la tête de l’AADL. Comme à chacun de ses prédécesseurs, le ministre de l’Habitat, Abdelwahid Temmar, a lui aussi son « monsieur AADL ». il a nommé Saïd Rouba comme nouveau patron de cet établissement à la place de Tarek Belaribi, « appelé à d’autres fonctions ».

Il est vrai que le désormais ancien directeur de l’AADL est un des résidus de Abdelmadjid Tebboune. C’est ce dernier qui l’a parachuté, en 2015, à la place d’un Benidir qui commençait à prendre de l’épaisseur. Contrairement à son prédécesseur, trop « bavard » et ancien dans le domaine, Belaribi a fait preuve d’une docilité à toute épreuve. Il renvoyait systématiquement les journalistes qui voulaient avoir des informations à sa tutelle, donc le ministère de l’Habitat. Ce qui lui a permis de durer au moment où Tebboune était encore aux affaires.

A contrario de l’ancien Dg de l’AADL, Saïd Rouba a fait toutes ses classes dans l’OPGI. Mais rien ne garantit qu’il réussira là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Car l’histoire des Algériens avec l’AADL date d’au moins 17 ans. Depuis, cette agence, pourtant créée durant les années 1990, défraie la chronique et consomme des directeurs.

Cette valse continuelle à la tête de l’AADL n’a rien réglé dans le fond. Des dizaines de milliers d’Algériens attendent leurs clefs depuis près de 20 ans. Des centaines de milliers d’autres ont payé « la deuxième tranche » dans le cadre du programme 2013. Mais ils ne savent même pas où sont situés leurs futurs appartements !