Les importations des carburants coûtent chaque année à l’Algérie au moins deux milliards dollars et non pas uniquement un milliard de dollars, comme l’a indiqué récemment Ahmed Ouyahia, le Premier-ministre. 

Le groupe Sonatrach s’est fixé la priorité de réduire le plus rapidement possible cette facture d’importation qui cause des pertes énormes en devises. Et pour ce faire, l’Algérie doit obligatoirement produire de grosses quantités de carburants. Il faut pour cela au moins deux nouvelles raffineries. Et si les travaux de la réhabilitation de la raffinerie d’Alger avancent bien, celle-ci ne suffira pas pour couvrir les besoins du marché national avec notamment un parc automobile algérien dépassant les 8 millions de véhicules.

Le projet de la raffinerie d’Alger sera livré dans les délais, à savoir en octobre 2018, a promis à ce sujet le ministère de l’Energie. Mais l’Algérie produit actuellement 11,5 Mt par an de carburants, contre une consommation globale de 15 Mt/an, alors que le déficit (3,5 Mt/an) est comblé par l’importation pour un montant de deux (2) milliards de dollars/an.

Deux importants projets sont en cours d’études au niveau de Sonatrach pour sortir de cette dépendance vis-à-vis des importations de carburants. Il s’agit de la réalisation de deux autres nouvelles raffineries à Hassi Messaoud (5 Mt/an) et Tiaret (5 Mt/an) dont la réception est prévue pour 2020.

Or, une nouvelle piste est en train d’être explorée par la direction générale de Sonatrach, a-t-on appris de source sûre. Il s’agit de procéder tout simplement à l’acquisition d’une raffinerie située au sud de l’Europe pour alimenter directement le marché national. Le calcul des managers de Sonatrach est simple : réaliser une nouvelle raffinerie en Algérie coûte entre 3 à 5 milliards de dollars. Ce qui représente un énorme investissement en cette période de crise financière.

En revanche, acquérir une raffinerie d’ores et déjà opérationnelle au sud de l’Italie en Sicile coûte entre 1 et 1,5 milliard de dollars. Sonatrach pourrait ainsi faire des économies précieuses et se positionner, de surcroît, sur le très stratégique marché européen en devant un acteur local de distribution des produits énergétiques. Cette réflexion prend tout son sens à Sonatrach où de nombreux managers ne croient pas au projet d’une raffinerie à Tiaret, une région éloignée de toutes les infrastructures pétrolières du pays. Un raffinerie dans cette région ne s’apparente guère à un projet pertinent et sa réalisation risque d’aboutir à un véritable gâchis financier.

Pour l’establishment de Sonatrach, soulignent nos sources, il est beaucoup plus rentable et sécurisant d’acquérir tout bonnement une raffinerie en Italie ou au sud de l’Espagne. Il suffira dés lors de financer que la réalisation de la raffinerie de Hassi Messaoud dont l’emplacement stratégique lui conférera de nombreux atouts industriels. Signalons enfin que, pour l’heure, cette réflexion n’a pas encore été soumise au gouvernement et aucune décision politique n’a été prise dans ce sens.