Confronté à des agressions répétitives contre les Imams, le ministère des Affaires religieuses décide de protéger ses fonctionnaires. Il désigne, également, des partisans de sectes –une centaine- comme étant responsables de ces agressions.

C’est le ministre des Affaires Religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, qui a évoqué le sujet lors d’une rencontre tenue samedi avec les responsables de son département ministériel. Il a estimé qu’une centaine de « sectes » sont en train de s’activer pour « diviser » les Algériens. Le responsable ne cite aucune « secte ». Mais il rappelle que depuis le mois de mai, la pression s’est accentuée sur les imams, humiliés ou parfois assassinés à cause de leurs convictions.

Le ministre fait sans doute référence à l’apparition de plusieurs groupes qui revendiquent des pratiques religieuses différentes. Certains de ces groupes, à l’instar des Ahmadis, sont même persécutés à cause de leurs convictions et pratiques. Beaucoup d’entre eux sont poursuivis en justice. En revanche, ce ne sont pas ces musulmans différents qui agressent les imams. C’est surtout les salafistes qui n’hésitent pas à passer à l’acte dès qu’un autre citoyen les contredit. Ils agressent physiquement et parfois, ils tuent. C’est le cas à Tigzirt où un “fou de Dieu” a tué un Imam à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Comme dans le cas de Tigzirt où beaucoup de salafistes, y compris des imams, ont été mis aux arrêts, le gouvernement semble avoir pris conscience du danger que représentent ces extrémistes de tous genres. Mohamed Aissa a évoqué une « volonté » de protéger les imams et les mosquées contre les fondamentalistes. Mais est-ce que ce n’est pas trop tard puisque des dizaines d’imams sont salafistes eux-mêmes ?