Le chômage des universitaires algériens risquent de s’aggraver dans les années à venir alors qu’il atteint aujourd’hui des proportions de plus en plus alarmantes. Une enquête menée au niveau de l’université d’Oran vient de démontrer que le diplôme universitaire ne suffit, effectivement, plus pour décrocher un travail. 

Et les raisons de cette réalité amère sont multiples. D’abord, cette enquête nous apprend que les entreprises comme les enseignants universitaires, ils sont tous d’accord à affirmer que les diplômes universitaires ne sont plus un atout majeur pour trouver du boulot en Algérie.

Pas moins de 64 % des patrons d’entreprises privées, publiques et étrangères installées en Algérie estiment que les diplômes délivrées par l’université algérienne ne suffisent plus pour accorder du travail. Du côté des enseignants universitaires, 63 % partagent le même avis des entrepreneurs.

Plus grave encore, 62 % des enseignants de nos universités estiment que le système d’enseignement supérieur ne répond pas aux besoins du marché de l’emploi et du secteur économique. Il s’agit d’un véritable aveu d’impuissance puisque ces enseignants reconnaissent qu’ils forment des diplômés incapables de produire de la valeur-ajoutée sur le marché du travail.

Les entrepreneurs et les patrons, quant à eux, ne cachent pas leur déception vis-à-vis de la formation universitaire dans notre pays. 61 % pensent que cette formation ne répond pas aux besoins économiques du pays.

71 % des dirigeants d’entreprises estiment également que l’université est responsable de cette situation préjudiciable pour des milliers de jeunes diplômés. Ces chefs d’entreprise considèrent enfin que l’université algérienne propose des spécialités qui n’ont aucune valeur sur le marché de l’emploi. Ce constat amer devrait faire réagir rapidement le ministère de l’Enseignement Supérieur qui s’emmure dans un immobilisme inquiétant face à l’inefficacité de notre université.

Notons enfin que 86 % des chefs d’entreprise déplorent l’absence d’une réelle coopération entre l’université et les entreprises en Algérie. Ce reproche a été également confirmé par 70 % des enseignants universitaires.